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Afrique

Afrique : le continent représenterait 2,8 % de la consommation mondiale d’électricité en 2026 (Rapport)

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L’Afrique devrait représenter seulement 2,8 % de la consommation mondiale d’électricité en 2026, malgré une progression de sa demande supérieure à la moyenne internationale.

Ce paradoxe ressort du nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), intitulé « Electricity Mid-Year Update 2026 », publié en juillet 2026.

Selon l’AIE, la consommation électrique africaine devrait atteindre 843 térawattheures (TWh) en 2026, contre 799 TWh en 2025, soit une augmentation de 5,5 %. La croissance mondiale est estimée à 3,6 %.

En 2027, la demande africaine atteindrait 880 TWh, représentant une augmentation cumulée de 81 TWh en deux ans.

La comparaison internationale révèle un déséquilibre considérable. En 2026, la Chine devrait consommer à elle seule 10.310 TWh, soit plus de douze fois la consommation de l’ensemble du continent africain.

Cette faible participation s’explique notamment par l’insuffisance des infrastructures électriques et le nombre important de ménages privés de raccordement.

La consommation mesurée ne reflète donc pas l’ensemble des besoins énergétiques du continent.

D’après la Revue annuelle sur l’efficacité du développement 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), le taux d’accès à l’électricité en Afrique atteignait 60 % en 2023.

La Banque mondiale situait cette proportion à 55,1 % en Afrique subsaharienne en 2024. De son côté, l’AIE estimait, dans son rapport d’octobre 2025, qu’environ 600 millions d’Africains vivaient encore sans électricité.

Les disparités nationales sont importantes. Le Sénégal, dont le taux d’accès atteignait 86,2 % en 2024, ambitionne une couverture universelle d’ici 2029.

En République démocratique du Congo (RDC), les autorités retiennent un taux d’accès de 21,5 %, malgré un potentiel hydroélectrique identifié d’environ 94.000 mégawatts.

Le Compact énergétique congolais prévoit de porter l’accès à 62 % d’ici 2030. Les besoins financiers avaient été estimés à 37 milliards de dollars, dont 20 milliards attendus des investisseurs privés.

À l’échelle continentale, l’AIE estime à 15 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour atteindre l’accès universel en 2035.

Pourtant, moins de 2,5 milliards de dollars d’engagements financiers destinés aux nouveaux raccordements avaient été recensés en Afrique subsaharienne en 2023.

Face à ce déficit, la BAD et la Banque mondiale portent l’initiative « Mission 300 », destinée à raccorder 300 millions d’Africains supplémentaires d’ici 2030.

En juin 2026, les deux institutions annonçaient avoir permis l’accès à l’électricité à plus de 50 millions de personnes dans 40 pays africains.

Pour les experts des institutions énergétiques et financières internationales, l’accélération de l’électrification nécessite une mobilisation accrue des capitaux, l’extension des réseaux, le développement des mini-réseaux solaires et l’amélioration de la gestion des entreprises électriques. Ils privilégient également des mécanismes de financement adaptés aux ménages à faibles revenus.

L’objectif reste de transformer les investissements annoncés en raccordements effectifs et en approvisionnement fiable pour les populations et les entreprises.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV