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Afrique

Afrique subsaharienne : l’IA ne devrait augmenter le PIB régional que de 0,2 % en dix ans (FMI)

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L’intelligence artificielle ne devrait apporter qu’un gain limité à l’économie de l’Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie.

Au niveau actuel d’équipement et d’adoption technologique, sa contribution au produit intérieur brut régional serait estimée à seulement 0,2 %.

Cette projection ressort d’une étude publiée le 21 juillet 2026 par les services du Fonds monétaire international (FMI). Elle montre que les bénéfices économiques de l’IA resteront faibles tant que la région ne disposera pas d’une électricité plus fiable, d’une meilleure connexion à Internet et de compétences numériques suffisamment répandues.

Le chiffre de 0,2 % ne représente pas une hausse annuelle de la croissance. Il correspond au supplément de production que l’intelligence artificielle pourrait générer au terme de dix années, comparativement à une évolution de l’économie sans adoption supplémentaire de cette technologie.

Selon le FMI, cette faible contribution s’explique notamment par le nombre encore limité d’entreprises, de travailleurs et d’administrations capables d’intégrer efficacement les outils d’intelligence artificielle dans leurs activités.

Un potentiel proche de 4 % sous certaines conditions

Les résultats seraient sensiblement plus élevés si les États africains accéléraient les investissements nécessaires à la transformation numérique.

Une adoption plus rapide de l’IA pourrait ajouter environ 0,8 point de pourcentage à la productivité régionale. Son extension à l’agriculture apporterait également près de 0,8 point, tandis que sa diffusion dans d’autres secteurs représenterait un gain supplémentaire estimé à 0,3 point.

L’accumulation de nouveaux équipements, logiciels, centres de données et autres infrastructures liées à l’intelligence artificielle pourrait, pour sa part, produire l’effet le plus important.

En combinant ces différents facteurs, la contribution de l’IA pourrait atteindre environ 4 % du PIB de l’Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie. Cela équivaudrait à près d’un demi-point de croissance économique supplémentaire par an, selon les estimations du FMI.

L’électricité et Internet freinent l’adoption

La région reste cependant confrontée à des contraintes structurelles importantes. En Afrique subsaharienne, environ 53 % de la population a accès à l’électricité, tandis que la proportion des habitants utilisant Internet se situe autour de 38 %.

La couverture des réseaux mobiles s’est élargie, mais la qualité de la connexion demeure inégale. Les zones rurales sont particulièrement touchées par la faiblesse des infrastructures, le coût élevé des données mobiles et les coupures fréquentes d’électricité.

Ces difficultés limitent le fonctionnement des services numériques, des centres de données et des plateformes utilisées par les entreprises. Elles réduisent également la capacité des petites structures à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs méthodes de production ou de gestion.

D’après l’étude, 78 % des entreprises de la région déclarent subir régulièrement des coupures de courant. Les pertes liées à ces interruptions représenteraient en moyenne 8,4 % de leur chiffre d’affaires annuel.

L’agriculture parmi les principaux secteurs concernés

Pour l’Afrique subsaharienne, les gains économiques de l’intelligence artificielle ne se limiteraient pas aux banques, aux télécommunications ou aux grandes entreprises numériques.

L’agriculture pourrait occuper une place centrale. Des applications accessibles par téléphone peuvent déjà transmettre aux producteurs des informations météorologiques, signaler certaines maladies des cultures, recommander des périodes de semis ou proposer une utilisation plus précise des engrais.

Près de la moitié des applications d’intelligence artificielle recensées en Afrique concerneraient directement ou indirectement l’agriculture. Leur diffusion pourrait contribuer à relever des rendements qui restent encore largement inférieurs au potentiel des terres cultivées.

Dans le secteur de l’Education, des programmes de tutorat assisté par intelligence artificielle ont aussi produit des résultats encourageants.

Au Nigeria, une expérience menée auprès d’élèves du secondaire pendant six semaines a permis d’enregistrer des progrès d’apprentissage comparables à près de deux années de scolarité ordinaire.

Des utilisations sont également envisagées dans la santé, la collecte des recettes publiques et la gestion administrative.

L’analyse automatisée des données peut notamment aider les services fiscaux à mieux cibler les contrôles et à détecter certaines irrégularités.

Adopter des outils adaptés aux réalités locales

Pour le FMI, les pays africains ne sont pas nécessairement appelés à développer leurs propres grands modèles d’intelligence artificielle, dont la conception exige des moyens financiers et techniques considérables.

La priorité consiste plutôt à rendre accessibles les solutions déjà disponibles, à les adapter aux langues locales et à les orienter vers les besoins concrets des populations, des entreprises et des administrations.

Cette adaptation suppose des investissements dans la production d’électricité, les réseaux de télécommunications, la formation professionnelle, la protection des données et l’encadrement réglementaire.

Sans ces avancées, prévient l’etude, l’écart technologique entre l’Afrique subsaharienne et les autres régions pourrait continuer à se creuser.

Avec de meilleures infrastructures et une adoption plus large, l’intelligence artificielle pourrait, au contraire, soutenir la productivité, améliorer certains services publics et accompagner la création d’emplois de meilleure qualité.

Flory MUSISWA

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