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Afrique

UEMOA : Le rebond des réserves masque des fragilités macrofinancières persistantes

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La nette remontée des réserves de change de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2025 améliore sensiblement la couverture des importations, mais ne dissipe pas l’ensemble des risques macrofinanciers auxquels la région reste exposée.

À fin octobre 2025, les avoirs extérieurs de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) atteignaient environ 33 milliards de dollars, soit l’équivalent de six mois d’importations, contre 3,8 mois un an plus tôt.

Ce redressement, salué par Fitch Ratings, repose largement sur des facteurs conjoncturels : la hausse des recettes d’exportation liée aux cours favorables de certaines matières premières, le retour ponctuel des États sur les marchés internationaux et des décaissements officiels.
Autant de leviers qui renforcent la position extérieure à court terme, sans pour autant garantir une amélioration durable des fondamentaux.

La réduction des déséquilibres externes tient principalement à une progression rapide des exportations de cacao, de noix de cajou, de pétrole brut, de caoutchouc et d’or. Cette dépendance accrue aux matières premières expose toutefois l’UEMOA à une volatilité persistante des prix internationaux, dans un contexte de ralentissement économique mondial et de durcissement des conditions financières.

La Côte d’Ivoire, moteur économique de la zone, a fortement contribué à l’accumulation des réserves grâce à la diversification relative de ses exportations et à des flux de financement importants.

Si Fitch a relevé la note souveraine du pays à « BB », l’amélioration projetée du compte courant — attendu à 1,7 % du PIB en 2025 contre près de 4 % en 2024 — reste tributaire de la poursuite des bonnes performances des secteurs pétrolier et aurifère, eux-mêmes sensibles aux cycles internationaux.

Au niveau régional, les tensions budgétaires et financières au Sénégal constituent un point de vigilance.

Bien que Fitch estime les risques de contagion limités, le degré d’interconnexion des marchés de capitaux et du secteur bancaire de l’UEMOA pourrait amplifier, en cas de choc, les pressions sur la liquidité et sur les réserves de change.

La résilience observée des adjudications de titres publics dépend en partie du maintien de la confiance des investisseurs régionaux.
Plus largement, la dynamique actuelle des réserves demeure exposée à un retournement si les besoins de financement budgétaire s’accentuent, si l’accès aux marchés se referme ou si les termes de l’échange se détériorent.

Dans ce contexte, le renforcement des réserves, bien qu’indéniable, apparaît davantage comme un répit que comme un ancrage structurel de la stabilité macrofinancière de l’UEMOA.

Olivier KAFORO

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