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Assemblées FMI–BM : André Wameso affine la stratégie des réserves et positionne l’or comme levier de stabilisation

En marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, a échangé, le mardi 14 avril 2026 à Washington, avec Citibank autour de la gestion des réserves et de leur diversification.
La séquence s’inscrit dans un moment d’ajustement de la politique monétaire, marqué par une baisse récente du taux directeur.

L’objectif est de soutenir l’activité tout en maintenant la stabilité du cadre macroéconomique.
Dans cet équilibre, les réserves internationales deviennent un pilier central.
Des réserves en progression, avec une lecture encore prudente
Les réserves de la RDC atteignent 7,6 milliards USD début avril 2026.
Rapporté à une population proche de 100 millions d’habitants, cela correspond à environ 76 dollars par habitant.
Ce niveau marque une amélioration tangible et renforce la capacité du pays à absorber des chocs extérieurs, notamment sur le taux de change ou les importations. Il s’inscrit dans une dynamique mondiale où les réserves jouent un rôle clé de stabilisation.
À l’échelle globale, elles ont atteint environ 12.500 milliards de dollars en 2024, selon les données du FMI.
Pour autant, le ratio par habitant reste encore modeste au regard des standards observés dans les grandes économies émergentes.
La trajectoire est positive, mais elle appelle un renforcement progressif pour un pays aux dimensions continentales.
Les discussions engagées s’alignent directement sur les cadres analytiques du FMI. Le dispositif de référence reste le template « International Reserves and Foreign Currency Liquidity (IRFCL) », qui structure la gestion moderne des réserves autour de trois exigences : liquidité, sécurité et transparence.
Ce cadre montre que les réserves ne se limitent pas aux devises. Elles incluent aussi l’or, les droits de tirage spéciaux (DTS) et d’autres actifs liquides, tous mobilisables en cas de tension externe.
Parallèlement, les données COFER du FMI confirment que les banques centrales continuent d’arbitrer activement la composition de leurs réserves, dans un environnement marqué par les fluctuations des grandes monnaies.
Cette évolution traduit un changement de logique. Il ne s’agit plus seulement d’accumuler des devises, mais d’optimiser la structure globale des actifs.
L’or, un actif redevenu central dans les stratégies des banques centrales
Les échanges avec Citibank intègrent pleinement cette dimension. L’or conserve une place particulière dans les réserves internationales.
Le FMI rappelle qu’il demeure un actif officiel majeur, détenu en volume significatif par les institutions monétaires.
Les données convergent. L’or représente aujourd’hui environ 17 % des réserves mondiales, selon les analyses de la Brookings Institution basées sur les statistiques du FMI. Il constitue également près d’un cinquième du stock total extrait dans le monde détenu par les banques centrales.
Les travaux académiques et ceux du FMI montrent un phénomène clair depuis la crise financière mondiale : les banques centrales des économies émergentes sont devenues des « diversificateurs actifs », augmentant la part de l’or dans leurs réserves .
Cette tendance est visible dans plusieurs cas récents. La Chine, l’Inde ou encore la Turquie ont renforcé leurs achats d’or. Le Brésil a même fait de l’or son deuxième actif de réserve en 2025, illustrant une stratégie assumée de diversification.
Une cohérence entre politique monétaire et stratégie de réserves
La démarche de la BCC présente une cohérence d’ensemble.
L’assouplissement monétaire vise à soutenir l’économie domestique, tandis que la consolidation des réserves sécurise la position extérieure.
Dans ce schéma, la diversification joue un rôle clé. Elle permet de limiter la dépendance à une seule devise et de mieux répartir les risques dans un environnement international incertain.
Le recours à une expertise internationale s’inscrit dans cette logique de professionnalisation.
Il s’agit d’améliorer l’allocation d’actifs, d’intégrer des outils de gestion plus sophistiqués et de se conformer aux standards globaux.
Un équilibre à construire entre devises et or
Les données internationales convergent vers une même conclusion. Les réserves efficaces reposent sur une combinaison d’actifs liquides et d’actifs de diversification.
Pour la RDC, la base actuelle est solide mais encore en construction. Le ratio de 76 dollars par habitant traduit un progrès réel, sans atteindre encore le niveau requis pour une économie de grande taille.
L’intégration progressive de l’or apparaît comme un prolongement logique. Elle permettrait de renforcer la résilience du portefeuille de réserves, tout en valorisant un atout structurel du pays.

Dans un système financier mondial en recomposition, la capacité à articuler réserves de change et actifs tangibles devient un marqueur de solidité. La trajectoire engagée par la BCC s’inscrit clairement dans cette direction.
Flory MUSISWA






















