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AGOA : la RDC vise une augmentation de la part des produits agricoles et manufacturés

Le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, salue l’avancée du processus de prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’au 31 décembre 2028.
Pour la République démocratique du Congo, cette extension offrirait deux années supplémentaires pour consolider l’accès préférentiel de ses produits au marché américain et élargir la base de ses exportations.
Selon les données du Census Bureau américain, les États-Unis ont importé pour 1,927 milliard USD de marchandises congolaises en 2025, contre 323,2 millions USD en 2024. Cela représente une progression d’environ 496 % en une année.
Entre janvier et mai 2026, les importations américaines en provenance de la RDC atteignaient déjà 1,312 milliard USD, soit près de 68 % du niveau enregistré sur l’ensemble de l’année 2025.
Ces chiffres concernent toutefois l’ensemble des marchandises congolaises vendues aux États-Unis et pas uniquement les produits bénéficiant effectivement des préférences prévues par l’AGOA.
Créé en 2000, l’AGOA est un programme commercial américain destiné aux pays d’Afrique subsaharienne répondant à certains critères d’éligibilité. Il permet à plusieurs catégories de produits d’entrer sur le marché américain sans paiement de droits de douane.
Plus de 1.800 catégories de produits sont directement couvertes par ce régime préférentiel, en complément de plusieurs milliers d’autres bénéficiant déjà du système américain de préférences commerciales.
Après son expiration le 30 septembre 2025, l’AGOA avait été temporairement réactivé jusqu’au 31 décembre 2026. Le processus engagé aux États-Unis vise désormais à prolonger le dispositif jusqu’à fin 2028.
Pour Kinshasa, cette période supplémentaire doit surtout servir à mieux positionner les entreprises congolaises sur le marché américain.
La stratégie nationale AGOA de la RDC identifie 26 filières prioritaires, dont 21 non minières et cinq minières.
Cacao, café, thé, manioc, ananas, mangue, avocat, gingembre, textile et cuir figurent notamment parmi les filières non minières ciblées. Le cuivre, le cobalt, l’or, le diamant et les minerais 3T font également partie des secteurs retenus.
Julien Paluku mise particulièrement sur le renforcement de la formation des producteurs et exportateurs congolais afin qu’ils puissent respecter les normes sanitaires et phytosanitaires imposées sur le marché américain. Car l’accès sans droits de douane ne garantit pas automatiquement des ventes.
Les entreprises doivent encore satisfaire aux normes de qualité, aux règles d’origine, aux certifications et disposer de volumes suffisamment importants pour répondre à la demande.
Avec près de 1,93 milliard USD de marchandises vendues aux États-Unis en 2025, la RDC dispose désormais d’une base commerciale plus importante.
Le défi est de profiter d’une éventuelle prolongation de l’AGOA pour augmenter la part des produits agricoles et manufacturés et réduire la concentration des exportations sur les matières premières.
Flory MUSISWA
























