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Angola : Luanda veut désormais faire du million de barils par jour un plancher de production

Le Gouvernement angolais hausse ses ambitions dans le secteur pétrolier.
Après plusieurs années consacrées à stabiliser une production pénalisée par le vieillissement des champs, Luanda demande désormais aux opérateurs de dépasser durablement le seuil du million de barils par jour.
L’Angola entend franchir un nouveau cap dans sa stratégie pétrolière.
Le Ministre du Pétrole, Diamantino Azevedo, a appelé les compagnies opérant dans le pays à porter la production au-delà de 1 million de barils par jour (b/j), faisant de ce niveau non plus un objectif, mais un minimum à maintenir dans la durée.
L’annonce a été faite le lundi 31 août 2026 à Luanda, lors de la cérémonie marquant le 32e anniversaire du Bloc 15, l’un des principaux actifs pétroliers du pays, exploité par l’américain ExxonMobil.
« Le défi de la stabilisation est désormais surmonté », a déclaré le Ministre, cité par l’agence Lusa.
Cette nouvelle orientation traduit la volonté de Luanda de passer d’une logique de défense des niveaux de production à une phase de relance et de croissance de l’offre.
De la stabilisation à la croissance
Cette ambition intervient après plusieurs années difficiles pour l’industrie pétrolière angolaise.
Le vieillissement des champs offshore, les opérations de maintenance et le déclin naturel de certains gisements ont régulièrement pesé sur la production.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Angola a produit en moyenne 1,07 million de b/j en 2025, contre 1,16 million de b/j en 2024.
En juillet 2025, la production était même tombée à 998 757 b/j, avant de remonter au-dessus du million de barils dès le mois suivant.
Le redressement a notamment été soutenu par la remise en production de puits matures et l’entrée en service de nouveaux projets portés par TotalEnergies, ExxonMobil et Azule Energy. Depuis, plusieurs développements ont renforcé les capacités du pays. TotalEnergies a notamment démarré les projets Begonia et CLOV Phase 3 en juillet 2025, pour une contribution cumulée annoncée à environ 60 000 b/j. Azule Energy a, de son côté, mis en production le champ Agogo, avec une capacité de 120.000 b/j, tandis que Ndungu a ajouté environ 60.000 b/j depuis février dernier.
Ces nouveaux volumes donnent à Luanda une base plus solide pour envisager une hausse durable de la production.
De nouveaux blocs pour soutenir l’investissement
Pour concrétiser cette ambition, le Gouvernement veut également accélérer l’accès aux ressources encore inexploitées.
Diamantino Azevedo a ainsi invité les compagnies pétrolières à intensifier leurs investissements et à poursuivre les négociations avec l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) pour l’attribution de nouveaux blocs.
Des décrets exécutifs portant sur de nouveaux périmètres, à la fois offshore et onshore, doivent prochainement être publiés, sans que les autorités aient encore précisé leur localisation ou leurs modalités d’attribution.
Depuis neuf ans, l’Angola a déjà mis 72 blocs pétroliers en appel d’offres.
Pour le Gouvernement, ces opérations doivent désormais se traduire par davantage de forages, de découvertes et de production.
L’Exécutif souhaite également accroître la participation des entreprises angolaises à la chaîne de valeur pétrolière.
Le Ministre a demandé aux opérateurs de recourir davantage aux fournisseurs et prestataires locaux, afin que l’augmentation des investissements bénéficie plus largement à l’économie nationale.
Le Bloc 15 comme modèle
Le Bloc 15 constitue l’une des références citées par le gouvernement pour illustrer le potentiel du secteur.
Situé à environ 145 kilomètres des côtes du Nord de l’Angola, il est exploité par ExxonMobil aux côtés d’Azule Energy, d’Equinor et de Sonangol.
Depuis le début de son exploitation en 1994, le bloc aurait produit environ 2,7 milliards de barils. Sa licence a récemment été prolongée jusqu’en 2037, avec un programme d’investissement de quelque 3 milliards de dollars.
Le Gouvernement met également en avant le niveau de participation des entreprises et de la main-d’œuvre locales dans les activités du bloc, estimé par le ministre à environ 95 %.
Un enjeu budgétaire majeur
La hausse de la production constitue un enjeu stratégique pour l’Angola.
Le pétrole reste au cœur de l’économie nationale et représente une source essentielle de recettes publiques et de devises. Le pays cherche donc à éviter le retour sous le seuil du million de barils par jour, tout en créant les conditions d’une nouvelle progression de l’offre.
Cette stratégie intervient toutefois dans un environnement où les réserves matures nécessitent des investissements croissants pour maintenir leurs niveaux de production.
La capacité de Luanda à attirer de nouveaux capitaux, accélérer les développements offshore et valoriser ses nouveaux blocs sera donc déterminante.
Après avoir consacré plusieurs années à stabiliser sa production, l’Angola veut désormais transformer le seuil du million de barils par jour en point de départ d’un nouveau cycle de croissance pétrolière.
Olivier KAFORO







