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RDC : Félix Tshisekedi ordonne l’accélération de la mise à la retraite de plus de 300.000 agents de l’État

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Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a, lors de la quatre-vingt-dix-septième réunion du Conseil des Ministres, instruit le Gouvernement d’accélérer le processus de mise à la retraite des agents et fonctionnaires de l’État ayant atteint ou dépassé l’âge statutaire, estimés à plus de 300.000. Une mesure qui vise à rajeunir l’administration publique, mais également à contenir la pression exercée par la masse salariale sur les finances publiques.

Le vieillissement des effectifs de l’administration publique congolaise préoccupe désormais au plus haut niveau de l’État.

Saisi de plusieurs rapports faisant état d’un nombre important d’agents et fonctionnaires ayant atteint ou dépassé l’âge légal de départ à la retraite, le Président Félix Tshisekedi a demandé au Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de cette réforme.

Selon les éléments présentés au Chef de l’État, plus de 300.000 agents et fonctionnaires seraient concernés. Parmi eux figureraient des agents âgés de 70, 80, voire 90 ans, toujours en activité au sein de l’administration publique, aussi bien dans le régime général que dans les différents régimes spécifiques.

Pour le Président de la République, cette situation constitue un frein à la performance de l’administration et au renouvellement générationnel. Elle limiterait notamment les possibilités d’évolution des jeunes agents tout en exerçant une pression importante sur la masse salariale de l’État.

Au-delà de la question administrative, la mise à la retraite constitue un enjeu budgétaire majeur. La maîtrise de la masse salariale figure parmi les défis récurrents auxquels sont confrontées les finances publiques congolaises.

L’objectif affiché par le Président de la République est ainsi de parvenir à une administration « moderne, performante et au service du citoyen », tout en assurant un départ digne aux agents ayant accompli leur carrière.

Le Chef de l’État a rappelé les efforts déjà entrepris par le Gouvernement à travers les opérations de mise à la retraite réalisées en 2022 et 2025, jugées toutefois insuffisantes au regard de l’ampleur du phénomène.

Pour accélérer le processus, Félix Tshisekedi a instruit le Vice-Premier Ministre en charge de la Fonction publique, de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service public, en collaboration avec plusieurs ministères concernés, de présenter secteur par secteur l’état d’avancement des mises à la retraite programmées pour l’exercice 2026 ainsi que les projections pour 2027.

Le Gouvernement devra également élaborer et mettre en œuvre un plan trimestriel permanent de mise à la retraite, couvrant aussi bien le régime général que les régimes particuliers.

Ce dispositif devra notamment garantir aux agents concernés un départ dans des conditions dignes, à travers le paiement effectif de leurs indemnités de fin de carrière et de leurs pensions par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP).

Le financement de ces départs constitue l’un des principaux défis de cette réforme. Pour éviter que les contraintes de trésorerie de l’État ne ralentissent le processus, le Président de la République demande au Gouvernement d’opérationnaliser des mécanismes de financement « innovants et pérennes ».

Ces mécanismes devront notamment s’appuyer sur la mobilisation de partenaires bancaires ainsi que sur la valorisation des réserves et placements de la sécurité sociale des agents publics.

L’ambition est de disposer d’un mécanisme de financement durable permettant de prendre en charge les droits des agents admis à la retraite sans créer une pression supplémentaire sur la trésorerie de l’État.

La réforme poursuit ainsi un double objectif : assurer les droits des agents arrivés en fin de carrière et accélérer le renouvellement des effectifs de l’administration publique.

Le Président Félix Tshisekedi attend des membres du Gouvernement concernés une implication directe dans la mise en œuvre de cette réforme, considérée comme un « impératif de justice » envers les agents ayant servi l’État, mais aussi comme un levier de rajeunissement qualitatif de l’administration et d’amélioration des services publics.

Avec plus de 300.000 agents potentiellement concernés, l’opération annoncée représente donc un chantier social, administratif et budgétaire de grande ampleur pour le Gouvernement au cours des exercices 2026 et 2027.

Mitterrand MASAMUNA

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