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Félix Tshisekedi à la Nation : « le dialogue national ne se substitue pas au processus de Doha »

Le Président Félix Tshisekedi a déclaré, le jeudi 27 août 2026, le lancement du « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Le processus devrait commencer par des consultations dans les 26 provinces avant des assises nationales à Kinshasa, le tout sur une durée maximale de trois mois.
Le Chef de l’État distingue toutefois ce cadre interne des négociations déjà engagées sur la crise sécuritaire.
« Le dialogue national ne doit remplacer ni le processus de Doha avec l’AFC/M23, ni celui de Washington entre la RDC et le Rwanda. Il ne devra pas davantage remettre en cause les élections de 2023 ou interrompre le fonctionnement des institutions. », a-t-il soutenu.
Un dialogue interne distinct de Doha
Cette distinction permet de comprendre l’architecture retenue. Doha reste le cadre de négociation entre Kinshasa et l’AFC/M23. Du 17 au 21 août, les deux parties ont encore participé en Suisse à des discussions consacrées à la mise en œuvre de l’accord-cadre de Doha, avec le Qatar, les États-Unis, le Togo, l’Union africaine et la Suisse.
Le dialogue national doit, lui, traiter les fractures internes du pays. Les consultations provinciales réuniront notamment les populations, élus, partis politiques, société civile, autorités coutumières et confessions religieuses. Leurs conclusions alimenteront les assises nationales prévues à Kinshasa.
Félix Tshisekedi en exclut cependant, comme composantes politiques, les mouvements qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent une partie du territoire ou y établissent des administrations parallèles. La mesure vise directement l’AFC/M23.
« Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a-t-il affirmé.
Cette position rejoint, sur le terrain institutionnel, la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige notamment la cessation des hostilités du M23, son retrait des zones contrôlées ainsi que le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Décrispation politique sans amnistie générale
Le Président Félix Tshisekedi a également annoncé la préparation de mesures de confiance et de décrispation politique.
Le Gouvernement devra, quant à lui, travailler avec les institutions compétentes, tout en préservant l’indépendance de la justice et les droits des victimes.
Cette ouverture ne concernera pas l’effacement des crimes les plus graves. Félix Tshisekedi a exclu toute amnistie générale pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide et violences sexuelles graves.
Les combattants appelés à revenir à la vie civile devront être pris en charge à travers le PDDRCS et les mécanismes de justice et de réconciliation.
Deux ordonnances avant les assises
Une première ordonnance doit instituer prochainement le comité chargé de préparer le dialogue. Après son rapport préliminaire, une seconde ordonnance convoquera formellement les assises et précisera leur représentation, leurs étapes et leur mécanisme de suivi.
Le processus devra aboutir à un pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, assorti d’un calendrier, d’engagements attribués aux institutions et de rapports publics périodiques.
Félix Tshisekedi a enfin demandé aux États-Unis, au Qatar, à l’Union africaine et à l’Union européenne de maintenir leur accompagnement pour favoriser le retrait des troupes rwandaises, le dépôt des armes par l’AFC/M23 et l’aboutissement des processus de Washington et de Doha.
Flory MUSISWA







