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RDC : FRIVAO, le nombre de victimes certifiées augmente de manière incontrôlée de 3.000 à plus de 14.000

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La situation qui prévaut au sein du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo (FRIVAO) a été portée à la connaissance des membres du Gouvernement congolais, par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, lors de la dernière réunion du Conseil des Ministres.

Dans son exposé, le Ministre a dressé un état des lieux détaillé du fonctionnement actuel de cette institution stratégique, tout en présentant les mesures correctives déjà engagées pour éviter son effondrement.

Parmi les constats les plus alarmants figure la hausse incontrôlée des effectifs de victimes, principalement dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.

Selon les données présentées au Conseil, le nombre de victimes certifiées, estimé initialement à environ 3.000 personnes, serait passé à plus de 14.000, voire 16.000 victimes pour la seule ville de Kisangani.

Cette augmentation spectaculaire soulève de sérieuses interrogations sur les mécanismes de certification et sur l’intégrité du processus d’identification des bénéficiaires des réparations.

Le Ministre d’État a indiqué que les consultations menées depuis la mi-novembre 2025 avec les différentes parties prenantes ont permis de mettre en évidence plusieurs dérives majeures. Il s’agit notamment de pratiques de fraude, de manipulations, de pressions politiques locales, ainsi que de l’existence présumée de réseaux d’extorsion exploitant la vulnérabilité des véritables victimes.

À cela s’ajoute une confusion persistante entre les réparations judiciaires prévues par les décisions de justice internationales et des attentes sociales plus larges, souvent assimilées à des politiques d’assistance ou de développement local, alors que le mandat du FRIVAO est strictement lié à l’indemnisation judiciaire.

Le Ministre a également relevé l’utilisation des fonds destinés aux indemnisations pour couvrir les charges de fonctionnement courant du Fonds, une pratique jugée contraire à l’esprit même de sa mission.

Face au risque d’une paralysie totale de l’institution, des mesures immédiates ont été prises.

La suspension du Comité de coordination du FRIVAO, décidée antérieurement, a été levée en décembre 2025 afin de rétablir un minimum de gouvernance et mettre fin à une situation de blocage institutionnel.

Par ailleurs, les arriérés de salaires, de loyers et de charges administratives ont été apurés, permettant d’assurer la continuité du fonctionnement administratif du Fonds.

Sur le plan judiciaire, le Ministre d’État a annoncé avoir donné injonction au Procureur Général près la Cour de cassation pour l’ouverture d’enquêtes visant à identifier les fausses victimes, les réseaux d’extorsion ainsi que les détournements présumés de fonds.

L’objectif affiché est de protéger les véritables victimes et de réaffirmer l’autorité de l’État.

Le Ministre Guillaume Ngefa a insisté sur le caractère sensible de ce dossier, rappelant que la mission du FRIVAO est directement liée à la réparation due aux victimes congolaises des activités illicites de l’Ouganda sur le territoire national, principalement dans la province de la Tshopo, conformément aux décisions internationales.

La restauration de la crédibilité, de la transparence et de l’efficacité du FRIVAO apparaît désormais comme une priorité pour le Gouvernement, dans un contexte où la gestion rigoureuse de ce Fonds conditionne non seulement la justice due aux victimes, mais aussi la confiance des populations et des partenaires institutionnels.

Mitterrand MASAMUNA

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