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RDC : la Cour des comptes épingle la gestion du Fonds forestier national

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La Cour des comptes a publié, le mardi 5 aôut 2025, un rapport d’audit accablant sur la gestion du Fonds forestier national (FFN), couvrant les exercices 2021 à 2024.

Le document met en lumière desdysfonctionnements majeurs dans l’utilisation des ressources issues de la taxe de reboisement, censées financer des actions concrètes de restauration forestière à travers le pays.

« La Cour des comptes a procédé à un contrôle de la gestion du Fonds forestier national pour les exercices 2021, 2022, 2023 et 2024. C’est ainsi qu’aujourd’hui nous procédons à la publication du rapport d’audit.», a déclaré M. Jimmy Mungaga, Premier Président de la Cour des comptes lors de la cérémonie officielle.

L’enquête financière, nourrie par des sources croisées provenant tant du FFN que d’organismes de mise en œuvre, révèle plusieurs failles structurelles : des projets de reboisement inéligibles financés, une absence totale de suivi-évaluation, et des opérations engagées sans l’aval du conseil d’administration. Plus préoccupant encore, le rapport note que le faible taux de financement réellement affecté au reboisement contraste vivement avec les recettes engrangées par le FFN au titre de la taxe dédiée.

Des analystes en politiques forestières et en finances publiques, habitués à scruter les rouages de la gouvernance environnementale, y voient le symptôme d’un écart grandissant entre les engagements affichés de préservation du couvert forestier et la réalité institutionnelle. À leurs yeux, ce rapport illustre non seulement un déficit de redevabilité, mais également une gouvernance éclatée où les priorités écologiques sont subordonnées à des logiques clientélistes.

Alors que la RDC s’érige en acteur central dans les négociations climatiques grâce à son immense bassin forestier, cette révélation pourrait fragiliser la crédibilité du pays auprès des bailleurs et partenaires techniques.

Pour plusieurs experts, il devient urgent de réformer le mode de gouvernance du FFN, en imposant un cadre d’évaluation rigoureux, transparent, et aligné sur les impératifs de restauration écologique.

L’audit, en somme, sonne comme un rappel à l’ordre pour les institutions concernées, à l’heure où la RDC tente de concilier souveraineté climatique et discipline budgétaire.

Flory MUSISWA

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