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RDC : le Gouvernement encadre la dissolution des FDLR par un protocole adossé à l’accord de Washington

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Le Gouvernement congolais a annoncé la signature d’un protocole avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR, en vue d’organiser leur désarmement, leur démobilisation, leur cantonnement et leur rapatriement.

L’annonce a été faite, le mardi 28 juillet 2026, au cours d’un briefing de presse co-animé par le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et le Ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya.

Selon Floribert Anzuluni, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris par la République démocratique du Congo à travers l’accord de paix conclu avec le Rwanda sous la facilitation des États-Unis.

« Ce protocole a pour unique fondement l’accord de Washington, auquel est adossé le concept opérationnel », a-t-il expliqué.

Dans cet accord, la RDC s’est engagée à neutraliser les FDLR, considérées par Kigali comme une menace pour sa sécurité. Le Rwanda doit, de son côté, retirer ses troupes du territoire congolais et mettre fin à son soutien à l’AFC-M23.

Une première phase fondée sur la reddition volontaire

Le processus annoncé par Kinshasa privilégie d’abord la sensibilisation des combattants afin de les amener à déposer volontairement les armes.

Cette première étape doit être suivie par leur démobilisation et leur regroupement dans des sites sécurisés et viables.

Pour le Gouvernement, les conditions de sécurité dans les camps sont essentielles afin d’éviter les échecs enregistrés lors de précédentes opérations.

« Les FDLR se sont engagées à accepter une démobilisation suivie d’un cantonnement dans des camps suffisamment sécurisés et viables », a déclaré Floribert Anzuluni.

Le protocole prévoit également que les personnes concernées ne pourront pas être renvoyées de force au Rwanda. Leur retour devra respecter le principe du volontariat ainsi que les règles du droit international.

Les combattants pourront ainsi choisir de retourner au Rwanda lorsque les conditions seront réunies. Ceux qui estimeront ne pas pouvoir y rentrer en sécurité pourraient être réinstallés dans un pays tiers.

Selon le Gouvernement congolais, un pays africain a déjà exprimé sa disponibilité à accueillir certains anciens combattants, tandis que d’autres discussions sont en cours.

Dissolution du mouvement et lutte contre l’impunité

Dans une deuxième phase, les responsables des FDLR se sont engagés à dissoudre définitivement leur mouvement.

Le protocole ne prévoit cependant aucune protection pour les personnes soupçonnées de crimes graves. Tout combattant contre lequel existent des preuves de participation à des crimes de guerre, à des crimes contre l’humanité ou à d’autres violations du droit international pourra être poursuivi.

« Toute personne pour laquelle des preuves existent devra répondre de ses actes devant la justice », a insisté le Ministre de l’Intégration régionale.

Le Gouvernement veut ainsi éviter que le processus de désarmement soit interprété comme un mécanisme d’impunité.

Six zones identifiées dans les deux Kivu, cinq encore sous contrôle rwandais

Les discussions menées avec les facilitateurs ont permis d’identifier six zones dans lesquelles se trouveraient des membres des FDLR. Cinq sont situées dans le Nord-Kivu et une dans le Sud-Kivu.

Kinshasa souligne cependant que plusieurs de ces zones échappent actuellement au contrôle de l’État congolais, soit 5 encore sous gestions rwandaises. Certaines se trouvent sous le contrôle de l’armée rwandaise, de l’AFC-M23 ou d’autres groupes armés.

Cette situation pourrait compliquer les opérations de localisation, de sensibilisation et de cantonnement. Une seule zone identifiée se trouverait sous le contrôle effectif des Forces armées de la République démocratique du Congo, dans le territoire de Walikale.

Le Gouvernement estime ainsi que la RDC ne peut pas porter seule la responsabilité de l’exécution du processus, notamment dans les espaces qu’elle ne contrôle pas.

Un mécanisme de suivi avec les partenaires

Un comité devra être mis en place pour suivre l’application du protocole. Il réunira les autorités congolaises ainsi que des partenaires régionaux et internationaux appelés à fournir une expertise technique.

Pour Floribert Anzuluni, ce dispositif permettra de renforcer la crédibilité et la transparence du processus.

« Nous sommes pleinement engagés dans le processus de paix et nous travaillons au respect de nos engagements », a-t-il affirmé.

Kinshasa considère que la mise en œuvre de ce protocole doit désormais ouvrir la voie au retrait sans condition des troupes rwandaises du territoire congolais. Le gouvernement veut ainsi neutraliser l’argument sécuritaire régulièrement avancé par Kigali pour justifier sa présence militaire dans l’est de la RDC.

Flory MUSISWA

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