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RDC : l’État s’offre un Service national de dispatching pour améliorer l’efficacité du réseau électrique

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Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend améliorer la gestion de l’électricité produite et son acheminement vers les centres de consommation.

Dans cette perspective, le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité a annoncé, ce jeudi 15 octobre 2026, la création, par décret, du Service national de dispatching (SND).

Cette nouvelle structure, portée par le Ministre Aimé Sakombi Molendo, sous la coordination de la Première Ministre Judith Suminwa, aura pour mission de superviser les flux d’électricité, de coordonner les mouvements d’énergie et de contribuer à la stabilité du réseau national.

La réforme introduit ainsi un mécanisme de pilotage centralisé destiné à améliorer l’exploitation des capacités électriques disponibles.

Dans le fonctionnement d’un réseau électrique, la production doit constamment être ajustée à la consommation. Une variation importante de la demande, une défaillance technique ou une surcharge sur une ligne de transport peuvent perturber cet équilibre.

C’est précisément à ce niveau qu’intervient le dispatching. Il permet de suivre les mouvements d’électricité, de coordonner les interventions techniques et d’adapter la répartition de l’énergie aux contraintes du réseau.

Pour la RDC, cette organisation présente plusieurs avantages économiques. Le pays dispose d’importantes ressources hydroélectriques, mais l’acheminement de l’électricité demeure confronté à des contraintes techniques et infrastructurelles.

Une meilleure maîtrise des flux pourrait contribuer à réduire certaines perturbations, à limiter les interruptions évitables et à améliorer l’utilisation des capacités de production existantes.

Les retombées attendues concernent particulièrement les entreprises industrielles, minières et manufacturières, dont les activités nécessitent une alimentation électrique régulière.

En réduisant les perturbations liées à la gestion du réseau, le dispositif pourrait favoriser la continuité de la production et limiter les dépenses consacrées aux solutions alternatives, notamment les groupes électrogènes.

Pour les experts du secteur, le dispatching présente également un intérêt dans la planification des investissements électriques.

Le suivi des flux permet de mieux identifier les zones de congestion, les équipements saturés et les besoins prioritaires de renforcement du réseau.

Cette visibilité technique pourrait faciliter le raccordement de nouveaux producteurs, améliorer les échanges transfrontaliers d’électricité et offrir davantage de prévisibilité aux investisseurs.

Sur le plan tarifaire, cette rationalisation rejoint les travaux récemment menés par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), sur le coût réel du service électrique et les méthodes de tarification.

Une meilleure exploitation des infrastructures constitue, à cet égard, un facteur de maîtrise des charges techniques et économiques du secteur.

Plus largement, les retombées positives attendues concernent la compétitivité des entreprises, la transformation locale des matières premières et le développement des activités productives.

Une fourniture électrique plus régulière pourrait stimuler les investissements, soutenir la création d’emplois et favoriser l’élargissement de l’assiette fiscale.

L’intérêt économique du SND réside ainsi dans la possibilité de tirer davantage de valeur de l’électricité déjà produite, en améliorant son acheminement et son utilisation au service de l’économie nationale.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV