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RDC : Pesaflow, la fintech kényane séduite par le marché congolais

Le marché numérique congolais attire désormais des entreprises qui ne viennent plus seulement vendre des solutions de paiement. Elles cherchent aussi à prendre position sur la digitalisation de l’État, la gestion des données et l’identité numérique.
C’est dans cette logique que le Ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a reçu, le mardi 11 août 2026, une délégation de Pesaflow conduite par Jovis Omondji Okoth.

Les échanges ont notamment porté sur la digitalisation des services publics et les registres numériques des entreprises.
Pesaflow vient du Kenya, pays souvent présenté comme la Silicon Savannah, en raison de son écosystème technologique et de sa capacité à tester des innovations numériques à grande échelle.
L’entreprise travaille notamment sur les paiements, l’automatisation des services publics et la gestion de l’identité. Elle a participé au développement de l’écosystème eCitizen, où l’identité d’un usager sert de point d’entrée à plusieurs services administratifs et paiements publics.
Cette expertise trouve un terrain particulier en RDC. Le Plan national du numérique 2026-2030, dont les travaux de rédaction ont été lancés en octobre 2025, place parmi ses priorités les plateformes et services publics numériques, l’inclusion et la cybersécurité.
Depuis juin 2026, le pays dispose aussi du RDC-Pass, conçu comme un identifiant numérique unique permettant notamment l’accès à des services administratifs, financiers et sociaux.
Le potentiel commercial est renforcé par l’évolution des usages financiers. Selon le FMI, le taux d’inclusion financière en RDC a dépassé 50 %, porté notamment par les solutions de paiement sur téléphone mobile.
Cette progression ouvre un espace aux fintechs, comme Wave l’a montré en Afrique de l’Ouest avec des services financiers numériques à coûts réduits. Mais elle pose aussi une question de structure du marché : quelle place restera aux banques lorsque les fintechs contrôleront davantage l’interface avec l’usager, les paiements et certaines données transactionnelles ?
La GSMA souligne que l’interopérabilité entre mobile money, banques et autres prestataires exige des règles solides sur la gouvernance, le règlement des transactions, la tarification et la gestion des litiges.
Pour la RDC, le dossier Pesaflow touche donc un actif encore plus sensible que le paiement : l’identité numérique.

Le défi pour les autorités congolaises sera d’ouvrir l’administration aux technologies privées tout en gardant sous contrôle public l’identité des citoyens, les données stratégiques et les infrastructures numériques essentielles.
Flory MUSISWA







