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RDC–Tanzanie : 45 hectares à Kwala pour renforcer le transit des marchandises congolaises

La Première Ministre a visité, le 3 novembre 2026, le port maritime de Dar es Salaam et le port sec de Kwala, où la RDC dispose de 45 hectares pour développer son propre terminal logistique.
La République démocratique du Congo entend renforcer son accès aux marchés régionaux et internationaux en s’appuyant davantage sur le corridor de Dar es Salaam.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération économique et infrastructurelle entre Kinshasa et Dodoma, impulsée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan.
Les deux dirigeants avaient notamment réaffirmé, lors de leurs rencontres des 17 et 18 août 2026, leur volonté de développer les connexions portuaires, ferroviaires, routières et lacustres entre leurs pays.
Au port maritime de Dar es Salaam, la cheffe du Gouvernement a échangé avec le ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa, ainsi qu’avec les responsables de la Tanzania Ports Authority (TPA).
Les discussions ont porté sur la fluidification du trafic des marchandises, l’amélioration des opérations portuaires et le renforcement de la coopération logistique.
L’importance de cette infrastructure pour l’économie congolaise est considérable : plus de 50 % du fret de transit traité par ce port est destiné au marché de la RDC, particulièrement dans ses parties est et centre-est.
« Nous estimons que nos deux pays ont à gagner à travailler ensemble, que ce soit politiquement ou économiquement. En travaillant ensemble, en ayant un partenariat fort, nous avons tous à gagner », a déclaré Judith Suminwa.

La délégation s’est ensuite rendue à Kwala, à environ 100 kilomètres de Dar es Salaam, où la Première ministre a visité une plateforme logistique reliée au réseau ferroviaire tanzanien à écartement standard.
45 hectares pour un terminal logistique congolais
L’un des principaux enjeux de cette étape concerne les 45 hectares mis à la disposition de la RDC par la Tanzanie pour l’aménagement d’un terminal logistique dédié aux marchandises congolaises.
Cette infrastructure permettra notamment d’assurer la réception, le stockage, le traitement et le dédouanement des cargaisons avant leur acheminement vers le territoire congolais. Elle devrait contribuer à réduire les délais de transit, à rationaliser les coûts logistiques et à améliorer le suivi des marchandises.
Le dispositif bénéficiera également aux exportateurs congolais, notamment dans le secteur minier. La Tanzanie disposera, en contrepartie, d’un espace dédié au traitement de ses exportations en provenance de la RDC.
« Nous, la RDC, on va pouvoir avoir un espace pour faire passer les marchandises qui proviennent de l’étranger, qui passent par le port de Dar es Salaam avant d’entrer en RDC. De la même manière, du côté RDC, la Tanzanie va avoir aussi un espace où toutes les exportations qui viennent de la RDC, en particulier les minerais, vont pouvoir passer. », a expliqué la Première Ministre.
Au-delà de la facilitation du commerce, ce mécanisme vise à renforcer la coordination des services douaniers et migratoires des deux pays, avec des retombées attendues sur la maîtrise des flux commerciaux et la mobilisation des recettes publiques.
Le Parlement appelé à accompagner le financement
Pour assurer le suivi de cette initiative, Judith Suminwa était accompagnée du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, de plusieurs députés nationaux congolais ainsi que du ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa.
La participation des élus nationaux vise notamment à les associer à l’évaluation du projet et aux réflexions sur les mécanismes de financement, dans un contexte marqué par l’examen du budget au Parlement.
Au nom de ses collègues, le député national Berthos Kabey a salué cette démarche et annoncé un plaidoyer auprès de l’autorité budgétaire pour favoriser la mobilisation des ressources nécessaires à la concrétisation du projet.
« Nous serons amenés à mener des plaidoyers au sein du Parlement pour que l’autorité budgétaire puisse penser à une certaine affectation des fonds pour la matérialisation de ces projets », a-t-il indiqué.
À travers le développement de ce terminal à Kwala, le Gouvernement congolais entend ainsi transformer le corridor de Dar es Salaam, déjà fortement sollicité par les opérateurs économiques, en un véritable instrument de compétitivité, de facilitation des échanges et d’intégration régionale. Une orientation qui rejoint le troisième pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028, consacré à la connectivité du territoire national.
AGNES KAYEMBE







