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RDC : Ted Beleshayi imprime une nouvelle dynamique de réforme à l’ARSP

Depuis son arrivée à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juan Ted Beleshayi Kasanda ne cesse d’imprimer une nouvelle dynamique au fonctionnement de l’institution, en plaçant les agents et le personnel au cœur de son action.
Son leitmotiv : Amélioration des conditions de travail, renforcement des compétences, promotion du mérite et professionnalisation des missions de contrôle, sont là les principaux axes de cette nouvelle orientation.
C’est ainsi que l’organisation du test destiné aux inspecteurs s’inscrit notamment dans cette volonté de disposer d’un personnel mieux outillé, plus performant et capable de répondre aux exigences de la régulation de la sous-traitance en RDC. Cela fait partie d’une série de mesures qui traduit l’ambition de la nouvelle direction de conjuguer efficacité institutionnelle et valorisation des ressources humaines.
Le personnel au cœur du nouveau dispositif
Dès son entrée en fonction, le nouveau Directeur général s’est voulu attentif aux revendications du personnel. Parmi les attentes exprimées figurait notamment la question salariale.
Face à cette demande, Ted Beleshayi avait déclaré : « J’ai entendu quelqu’un dire salaire emata (que le salaire augmente), et ça va augmenter ».
Au-delà de cette promesse, la nouvelle direction mise surtout sur la professionnalisation des ressources humaines.
L’organisation, le 15 août 2026, d’un test écrit destiné à sélectionner des agents appelés à exercer les fonctions d’inspecteurs constitue l’un des principaux marqueurs de cette nouvelle orientation.
Selon les données communiquées par l’ARSP, 121 candidats ont participé à cette épreuve. L’objectif est de constituer un corps d’inspecteurs capable d’assurer les missions de contrôle, de suivi et de vérification de la conformité des activités de sous-traitance.
Pour Ted Beleshayi, ces agents sont appelés à jouer un rôle stratégique dans la défense du contenu local.
Le Directeur général les a présentés comme les « soldats » de l’ARSP, appelés à veiller au respect des règles et à la participation effective des entreprises congolaises aux marchés.
Le test ne constitue donc pas seulement une opération de recrutement interne. Il traduit la volonté de la direction de faire du contrôle une fonction spécialisée, reposant sur des compétences techniques, mais aussi sur des exigences d’intégrité et de patriotisme.
Reprise de missions de contrôle du terrain
Quelques jours après son arrivée, la nouvelle direction a décidé de relancer certaines opérations suspendues dans plusieurs provinces.
Pour cause, la réforme passe nécessairement par une réorganisation des missions de contrôle.
Une instruction de service publiée le 16 juin 2026 fixe les modalités de poursuite et de clôture des missions concernées. Les opérations doivent désormais tenir compte du climat des affaires, des risques identifiés, de la composition des équipes et de l’état d’avancement des contrôles précédemment réalisés.
La démarche prévoit également la participation d’experts de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), conformément au protocole conclu avec l’ARSP.
Cette nouvelle organisation vise à encadrer davantage les missions et à renforcer la traçabilité des opérations conduites sur le terrain.
Des contrôles plus documentés
Dans le Haut-Katanga, la Direction générale a donné un aperçu de cette nouvelle méthode. Lors d’une mission dans la province, Ted Beleshayi a annoncé que l’ARSP entendait désormais exploiter les exercices comptables complets des entreprises contrôlées.
L’objectif est de disposer d’une lecture plus précise des contrats conclus, des partenaires engagés et du niveau de conformité des entreprises principales.
Cette approche donne aux équipes d’inspection un rôle plus technique. Le contrôle ne repose plus uniquement sur la vérification administrative des documents disponibles, mais doit permettre de croiser les informations contractuelles, comptables et financières afin de mesurer plus précisément la réalité de la sous-traitance.
Les contrôles menés auprès de plusieurs entreprises minières du Haut-Katanga, notamment Kipushi Corporation Mining, Boss Mining, Ruashi Mining et SOMIKA, illustrent cette volonté d’intensification du dispositif.
Les équipes de l’ARSP se sont notamment intéressées au respect des obligations légales en matière de sous-traitance, à la publication des appels d’offres, à la conformité des déclarations et au recours aux entreprises congolaises, éligibles.
Le ton se durcit à l’endroit de Sous-traitants non éligibles
La volonté de renforcer l’application de la législation s’est également traduite par des décisions plus contraignantes à l’égard des entreprises principales.
La dernière mesure en date est la Décision n°020/ARSP/DG/2026 du 11 septembre 2026. Elle porte injonction à Kamoto Copper Company (KCC SA) et Mutanda Mining (MUMI SA), filiales de Glencore, de mettre fin aux contrats en cours avec des entreprises de sous-traitance non éligibles et de les retirer de leurs fichiers de sous-traitants.
Cette décision illustre la volonté affichée par la nouvelle direction de ne pas limiter la régulation à des missions de constatation, mais d’aller jusqu’à l’application effective des mesures prévues par le cadre légal.
L’agrément valable cinq ans
Parallèlement au renforcement des contrôles, l’ARSP s’engage sur le terrain de la simplification administrative.
Sous l’impulsion de Ted Beleshayi Kasanda, la durée de validité des attestations d’agrément est passée de trois à cinq ans.
Pour les entreprises agréées, cette modification réduit la fréquence des démarches liées au renouvellement des documents administratifs.
La mesure répond à une logique de simplification des procédures et de réduction des contraintes pesant sur les opérateurs économiques. Elle traduit aussi une volonté de faire évoluer l’ARSP vers une administration davantage orientée vers la facilitation, sans pour autant réduire ses exigences en matière de conformité.
Le contenu local comme fil conducteur
Derrière ces différentes mesures se dessine une même priorité : donner davantage de portée au contenu local.
La nouvelle direction entend renforcer le suivi des obligations de sous-traitance, contrôler la conformité des contrats, professionnaliser les inspecteurs et améliorer la transparence dans l’attribution des marchés.
La lutte contre les prête-noms figure également parmi les enjeux du dispositif. L’objectif est de s’assurer que les entreprises présentées comme congolaises correspondent effectivement aux critères prévus par la législation et que les engagements pris par les entreprises principales produisent des effets concrets au profit du tissu économique national.
La publication des opportunités de sous-traitance sur la plateforme officielle de l’ARSP participe de cette même logique. Elle doit permettre aux entreprises éligibles d’accéder plus facilement aux marchés disponibles et de renforcer la transparence du processus.
Une coopération renforcée avec les autres administrations
Le nouveau dispositif repose enfin sur une approche plus transversale.
Le 31 août 2026, l’ARSP et la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ont convenu de mettre en place une commission technique consacrée notamment aux avantages accordés aux entreprises sous-traitantes congolaises.
Les discussions portent sur les incitations prévues par le Code minier et la législation relative au contenu local.
Cette coopération traduit la volonté de la direction générale de ne pas isoler la régulation de la sous-traitance des autres politiques publiques ayant un impact sur les entreprises congolaises.
De la réforme interne à la politique de contenu local
Le 23 juillet 2026, lors de son audience avec le président de la République, Ted Beleshayi avait également échangé sur le renforcement de la régulation, la promotion du contenu local et l’accroissement de la participation des entreprises congolaises aux opportunités économiques nationales.
Quelques mois après son arrivée, la Direction générale semble ainsi vouloir articuler deux niveaux de réforme : transformer le fonctionnement interne de l’ARSP et renforcer, sur le terrain, sa capacité à faire appliquer les règles de la sous-traitance.
Pour les agents, cette évolution se traduit par une montée en puissance des exigences professionnelles, particulièrement dans les métiers du contrôle. Le test des inspecteurs en est l’un des symboles les plus visibles.
Pour l’institution, l’enjeu est désormais de transformer ces décisions et orientations en résultats durables : un corps d’inspecteurs opérationnel, des contrôles davantage documentés, des procédures plus lisibles et une application plus systématique des règles du contenu local.
La réforme de l’ARSP est donc encore en phase de déploiement. Mais les premières mesures prises depuis juin 2026 dessinent déjà une administration qui cherche à conjuguer professionnalisation de ses équipes, simplification des procédures et fermeté dans l’application de la législation sur la sous-traitance.
Rappelons que Ted Beleshayi a été nommé à la tête de l’ARSP le 11 juin 2026. Dès sa prise de fonctions, il avait placé son mandat sous le signe de l’intégrité, de la transparence, de l’équité et du professionnalisme. Une feuille de route qui concerne aussi directement les agents, dont le rôle doit évoluer avec le renforcement des missions de régulation et de contrôle.
Nadine FULA







