Connect with us

Autres actualités

RDC : Tracep suspendue après deux crashs mortels, la surveillance aérienne mise en question

Published

on

La suspension de Tracep Congo Aviation intervient après un nouveau drame. Le 26 septembre 2026, le ministère des Transports a ordonné le retrait immédiat de son certificat de transporteur aérien.

La veille, un Let 410 exploité par la compagnie s’était écrasé à Kenge, faisant 17 morts, selon le dernier bilan.
Deux mois auparavant, le 24 juillet, un autre accident avait déjà coûté une vie à Walikale.

Ces deux accidents mortels s’ajoutent à des événements antérieurs. Le 24 janvier 2025, un appareil de Tracep avait effectué une sortie de piste à Wamaza, entraînant l’ouverture d’une enquête du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA). Le 27 juillet suivant, une autre sortie de piste était signalée à Bunia.

Cette succession place le suivi des enquêtes et des contrôles au centre du dossier. Entre Wamaza, Bunia et Walikale, quelles défaillances avaient été relevées ? Quelles corrections avaient été imposées à l’exploitant ? Sur quelles évaluations reposait la poursuite de ses activités ?

Un témoignage interne cité dans les accusations visant le BPEA fait état de rapports publics introuvables. L’absence de documents accessibles ne permet pas de conclure qu’aucune enquête n’a été menée. Elle rend néanmoins nécessaire la clarification des conclusions transmises aux autorités et des mesures effectivement appliquées.

La poursuite des vols jusqu’à Kenge est documentée. En revanche, les éléments disponibles ne permettent pas d’affirmer que Tracep n’avait fait l’objet d’aucune sanction antérieure.

Le Gouvernement devrait donc préciser les décisions prises après chaque événement et les garanties exigées pour maintenir les opérations.

Le ministère des Transports a demandé à l’Autorité de l’aviation civile et à la Régie des voies aériennes des informations sur l’état technique de l’appareil et son dernier contrôle de navigabilité.

L’expertise aéronautique consultée dans ce sens appelle à examiner sans complaisance la capacité des organismes de surveillance à faire respecter les normes.

Cette exigence rejoint l’annexe 13 de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) : des mesures préventives urgentes doivent être recommandées dès qu’elles apparaissent nécessaires, sans attendre la clôture des investigations.

La réponse gouvernementale devrait ainsi être évaluée sur les risques corrigés avant Kenge, autant que sur la suspension prononcée après le drame.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV