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Sud-Kivu : le Gouvernement resserre l’étau sur les opérateurs et les circuits de commercialisation

Le Gouvernement renforce le contrôle des activités minières au Sud-Kivu, une province où l’exploitation artisanale et la circulation informelle des minerais continuent de compliquer la maîtrise des flux par l’État.
Le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a déployé, le lundi 31 août 2026, une mission de contrôle couvrant plusieurs zones de production, notamment Shabunda, Mwenga, Fizi, Baraka et Uvira.

Les opérateurs concernés sont soumis à des séances d’audition destinées à vérifier la régularité de leurs activités. Ils doivent notamment présenter leurs documents juridiques, leurs titres miniers, les éléments relatifs au respect des obligations fiscales ainsi que les pièces attestant de leur conformité aux exigences environnementales et sociales.
La traçabilité constitue également l’un des principaux volets du contrôle. L’administration cherche à mieux établir l’origine des minerais, les volumes produits, leur passage dans les circuits commerciaux ainsi que leur destination finale.
Cette démarche intervient dans une province où les écarts entre la production réelle et les exportations officiellement enregistrées ont régulièrement alimenté les préoccupations des autorités.
En 2023, des experts interrogés à Bukavu estimaient qu’environ 1,5 tonne d’or artisanal par mois échappait au circuit officiel d’exportation du Sud-Kivu. Maintenu sur une année, ce rythme correspondrait à près de 18 tonnes.
Le contrôle engagé par le ministère ne devrait donc pas se limiter aux sites d’extraction. Il porte également sur la chaîne qui relie les producteurs aux négociants, aux maisons d’achat, aux entités de traitement et, finalement, aux circuits d’exportation.
À l’issue des vérifications, un rapport devra établir la situation de chaque opérateur. Les éventuelles irrégularités constatées pourront donner lieu aux mesures prévues par la législation minière.
L’expérience récente montre par ailleurs que la formalisation peut produire des résultats lorsque les mécanismes d’achat deviennent suffisamment attractifs.
En 2023, DRC Gold Trading avait exporté officiellement plus de 5,5 tonnes d’or provenant du Sud-Kivu, générant plus de 350 millions USD de rapatriements de devises.
À l’échelle nationale, l’entreprise publique estime toutefois que près de 50 tonnes d’or artisanal échappent encore chaque année aux circuits officiels en RDC, pour une valeur économique évaluée autour de 7,5 milliards USD. Ce montant correspond à la valeur de l’or qui quitte le circuit formel et non à une perte fiscale directe du même niveau pour le Trésor public.

Le contrôle conduit au Sud-Kivu s’inscrit ainsi dans une démarche plus large : réduire l’espace occupé par les circuits informels et rapprocher davantage la production réelle des statistiques, des recettes et des exportations officiellement enregistrées.
Flory MUSISWA







