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RDC : le Gouvernement compte accélérer la lutte contre les érosions

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend faire de la lutte contre les érosions une priorité d’investissement public.
Réunis en Conseil des Ministres le vendredi 28 août 2026, les membres du Gouvernement ont examiné la situation de la lutte antiérosive en République démocratique du Congo, avec un accent particulier sur la nécessité de sécuriser les infrastructures existantes et de mobiliser de nouveaux financements.
La dégradation des infrastructures provoquée par les érosions représente désormais un enjeu qui dépasse la seule question environnementale.
Pour le Gouvernement, elle constitue également un risque humain, économique et sécuritaire susceptible de compromettre des investissements publics déjà réalisés et d’alourdir, à terme, la facture des travaux de réhabilitation.
Présenté au Conseil au nom du Ministre des Infrastructures et Travaux publics, en mission, par le ministre de l’Aménagement du territoire, le dossier propose une stratégie de lutte antiérosive structurée sur trois horizons : l’urgence, la consolidation à moyen terme et la transformation structurelle sur une période pouvant aller jusqu’à dix ans.
Une réponse immédiate pour contenir les dégâts
À court terme, soit sur une période de zéro à un an, la priorité sera donnée à la stabilisation des têtes d’érosion actives et à la poursuite des projets déjà engagés.
Le Gouvernement prévoit notamment de finaliser les travaux en cours, de reprendre les chantiers actuellement suspendus et de construire des collecteurs principaux de drainage. L’objectif étant de limiter la progression des érosions, particulièrement pendant les prochaines saisons des pluies, et d’éviter que des infrastructures existantes ne soient davantage endommagées.
Cette approche répond également à une logique économique consistant à prévenir la destruction d’un ouvrage ou d’une infrastructure revient généralement à réduire les coûts futurs de reconstruction et de réhabilitation.
Le Gouvernement souhaite ainsi mobiliser immédiatement un premier financement destiné aux sites jugés prioritaires.
Le montant de cette enveloppe n’a toutefois pas été précisé dans le compte rendu du Conseil des Ministres.
Des plans directeurs pour les grandes villes
À moyen terme, sur un horizon d’un à deux ans, l’exécutif entend passer d’une logique d’intervention ponctuelle à une planification plus globale. Le ministère des Infrastructures et Travaux publics propose la réalisation d’études globales de drainage urbain ainsi que l’élaboration de plans directeurs de drainage pour les principales villes du pays. Les études devront également porter sur les bassins versants considérés comme à risque, notamment à Kinshasa et dans les grandes agglomérations.
Cette phase doit permettre de mieux identifier les causes structurelles des érosions et de planifier les investissements nécessaires avant que les phénomènes ne deviennent plus difficiles et plus coûteux à maîtriser.
Le Gouvernement prévoit par ailleurs une mise à jour du cadre réglementaire relatif à l’occupation des sols. Une mesure qui vise à mieux articuler aménagement urbain, gestion des eaux pluviales et prévention des risques.
Un programme décennal d’investissements
À long terme, l’ambition affichée est de mettre en place un programme décennal de lutte antiérosive couvrant la période de deux à dix ans. Ce programme devrait s’appuyer sur la construction progressive de grands ouvrages d’assainissement, notamment des bassins de rétention et des réseaux structurants de drainage.
L’enjeu est donc de passer progressivement d’interventions d’urgence, souvent déclenchées par l’apparition de nouveaux foyers d’érosion, à un système d’infrastructures capable de gérer durablement les eaux de ruissellement et de réduire la vulnérabilité des centres urbains.
Pour l’État, cette programmation pluriannuelle doit également contribuer à sécuriser les investissements déjà engagés.
Les infrastructures routières, les ouvrages d’assainissement, les équipements urbains et les autres actifs publics peuvent en effet perdre une partie de leur valeur lorsque les phénomènes d’érosion et de ruissellement ne sont pas maîtrisés.
Le financement, principal défi
La mise en œuvre de cette stratégie dépendra cependant de la capacité de l’État à mobiliser des ressources financières suffisantes et régulières.
Le Gouvernement a demandé l’inscription progressive des financements complémentaires nécessaires dans les prochaines programmations budgétaires. Cette démarche doit permettre d’éviter les interruptions de chantiers et de préserver les investissements déjà réalisés.
La question du financement apparaît ainsi comme l’un des principaux défis de cette nouvelle stratégie. Au-delà de l’enveloppe initiale sollicitée pour les sites prioritaires, le programme décennal nécessitera une programmation financière soutenue et une coordination entre les différents secteurs concernés.
Le Gouvernement souhaite également renforcer la coordination intersectorielle entre les administrations chargées du drainage urbain, de l’aménagement du territoire et de la gestion des risques.
En faisant de la lutte contre les érosions un « impératif de sécurité publique, de protection des populations et de préservation des investissements de l’État », le Gouvernement élargit le débat à la question de la résilience économique des villes congolaises.
À Kinshasa comme dans les autres grandes agglomérations, la maîtrise des eaux de ruissellement constitue un préalable au développement urbain et à la durabilité des infrastructures.
L’absence d’ouvrages adaptés peut entraîner des interruptions de circulation, des dégâts matériels, des déplacements de populations et des dépenses publiques imprévues.
La nouvelle stratégie gouvernementale vise donc à inscrire la lutte antiérosive dans une perspective d’investissement de long terme. Son efficacité dépendra désormais de la traduction de ces orientations en projets financés, planifiés et exécutés dans la durée.
Le défi pour l’État sera double : répondre rapidement aux situations les plus critiques tout en construisant, sur plusieurs années, les infrastructures capables de réduire durablement la vulnérabilité des villes congolaises.
Olivier KAFORO







