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RDC : projet Inga 3, la société civile exige la prise en compte des avis des communautés locales  

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Une coalition d’organisations de la Société civile congolaise et de communautés locales affectées par les barrages d’Inga a demandé au gouvernement congolais et aux partenaires étrangers, y compris la Banque africaine de développement (BAD), de prendre en compte les revendications des communautés locales en ce qui concerne le développement du projet Inga 3.

« Les risques sociaux et environnementaux élevés du projet d’Inga 3 sont évidents. Nous communautés touchées par Inga 1 et 2, luttons depuis des décennies pour obtenir une juste compensation et continuent de subir les conséquences économiques et culturelles liées à la perte de nos terres », explique Albert Tona membre de la communauté d’Inga.

D’après 32 organisations de la Société civile congolaise, beaucoup des ménages risquent d’être déplacés à nouveau par Inga 3. Ce qui obligent les communautés locales à formuler des revendications suivantes :

  1. La consultation publique préalable ;
  2. L’implémentation de bonnes études indépendantes d’impacts environnementaux et sociaux ;
  3. L’amélioration de la communication sur le projet Inga 3 à travers notamment la mise en place d’un système de communication qui puisse permettre à tous les congolais d’être informés en temps réel sur l’évolution du projet ;
  4. La participation de la société civile en tant que partie prenante au projet et la consultation des communautés locales affectées ;
  5. L’indemnisation des communautés impactées par l’établissement du site d’Inga et les barrages Inga 1 et 2, certaines communautés ayant par conséquent perdu leurs terres ;
  6. Le développement des micro-barrages et d’autres formes des énergies renouvelables pour augmenter le taux d’accès des populations à l’électricité qui est de 9% hier.

Recommandations

Face à ces revendications, les organisations signataires recommandent au gouvernement congolais de reconsidérer le développement du projet Inga 3. Cela aura l’avantage, d’après elles, de prendre le temps de réfléchir sur les stratégies et bonnes pratiques à mettre en place en faveur du développement du secteur énergétique en RD Congo et de l’augmentation du taux d’accès des populations à une énergie propre et durable.

Elles ont également demandé à la Banque africaine de développement (BAD) de travailler à faire respecter ses propres principes dans des projets soutenus financièrement par elle, lesquels consacrent la consultation et l’implication de différentes parties prenantes dans un projet soutenu financièrement par elle.

Depuis son investiture le 24 février 2019, le président de la République n’a cessé d’en appeler à ses pairs présidents et d’inviter différents partenaires à venir investir en RDC notamment dans le projet Inga 3. Ce qui justifie des actions menées en direction notamment de la Banque Mondiale (BM), du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque africaine de développement (BAD). Cependant, dans cette démarche, les revendications des communautés locales devraient être prises en compte.

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Historique de Inga 3

Inga3 fait partie du plus vaste projet Grand Inga, un projet de complexe hydroélectrique géant dans la province de Kongo Central, visant à atteindre une capacité de production d’environ 40 gigawatts. A l’origine, le projet devait fournir 4,8 gigawatts d’électricité, principalement pour être exporté vers l’Afrique du Sud et pour alimenter des mines dans le sud-est de la RDC.

Si la Banque mondiale a annulé son engagement en 2016 suite à des contingences politiques en RDC, le gouvernement a amorcé en 2017 le redimensionnement du projet en doublant la capacité de production, pour atteindre plus de 10 gigawatts.

L’Agence pour le développement et la promotion du projet Inga (ADPI) a demandé aux deux consortiums concurrents qui ont soumissionné (un consortium dirigé par China Three Gorges Corporation et un autre comprenant le groupe espagnol ACS, présidé par Florentino Perez, président du club de football du Real Madrid) de présenter une offre commune.

Et depuis décembre 2019, un accord pour le développement exclusif a été signé entre le gouvernement congolais représenté par ADPI d’une part et le consortium représenté par les deux entreprises précitées, d’autre part.

Agnès KAYEMBE

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