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Taux de change, mobilisation des recettes en RDC : les fluctuations du franc ont surtout un effet à court terme (Étude)

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La stabilité du taux de change ne suffit pas, à elle seule, à améliorer durablement la mobilisation des recettes publiques en République démocratique du Congo. Une étude récente montre que les variations du franc congolais peuvent perturber les encaissements de l’État à court terme, sans toutefois produire un effet structurel durable sur l’écart de mobilisation des recettes.

Intitulée : « Effets asymétriques des fluctuations du taux de change sur l’écart de mobilisation des recettes publiques en RDC : une analyse par le modèle NARDL », l’analyse porte sur la période allant de janvier 2022 à décembre 2024.

L’étude, publiée le vendredi 21 août 2026 à travers la revue américaine de Californie IJSSHR https://ijsshr.in/v9i8/Doc/53.pdf , par deux économistes et doctorants de l’Université de Kinshasa, diplômés de Master de l’Université de Grenoble Alpes en France ;
Man David Kiala T’sinda & Jean-Pierre Khonde Mabiala.

Le profil de deux auteurs donne à l’étude un ancrage directement lié aux questions de politique économique, de finances publiques et de gouvernance, au cœur des défis actuels de mobilisation des ressources internes en RDC.

Le taux de change perturbe les recettes sans créer un déséquilibre durable.

Pour mesurer l’effet des mouvements du taux de change, les chercheurs recourent au modèle NARDL. Cette méthode économétrique permet d’observer séparément les conséquences d’une appréciation et d’une dépréciation de la monnaie, à court comme à long terme.

Les résultats sont assez nets. Les chocs positifs et négatifs du taux de change n’entraînent pas d’effet structurel significatif sur l’écart de mobilisation des recettes publiques.
Ce qui revient à dire, une appréciation ou une dépréciation du franc congolais peut momentanément perturber le rythme de collecte des recettes, mais cet impact finit par être absorbé par les mécanismes d’ajustement de l’économie.

Les tests de Wald mobilisés dans l’étude montrent également que les appréciations et les dépréciations produisent, en moyenne, des effets statistiquement comparables. Le problème ne se situe donc pas uniquement dans la direction prise par le taux de change.

Cette conclusion nuance une lecture souvent centrée sur la seule stabilité monétaire. La maîtrise du marché de change peut contribuer à réduire certaines tensions, mais elle ne règle pas, à elle seule, les faiblesses de fond qui limitent les performances des finances publiques.

Des experts préconisent des réformes plus profondes.

L’étude met davantage l’accent sur les facteurs structurels. Parmi eux figurent notamment le niveau des dépenses publiques et les fluctuations des cours mondiaux des matières premières, une variable majeure pour l’économie congolaise fortement dépendante de ses exportations minières.

Les deux experts préconisent ainsi de renforcer les capacités des administrations financières, de rationaliser davantage la dépense publique, de réduire les exonérations peu efficaces et d’améliorer la captation des revenus issus du secteur minier.

La leçon a tiré est telle que dans une économie fortement dollarisée, la maximisation des recettes publiques dépend moins des seuls mouvements du taux de change que de la qualité des institutions chargées de mobiliser et de sécuriser les ressources de l’État.

L’analyse replace ainsi le débat sur un terrain plus large. Pour améliorer durablement ses recettes, la RDC devra certes préserver la stabilité macroéconomique, mais surtout renforcer ses régies financières, mieux encadrer la dépense publique et tirer davantage de revenus de son potentiel minier.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV