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Economie

Julien Paluku: « Depuis 2019, la souscription de licences d’importation est estimée à 19,2 milliards USD »

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La République Démocratique du Congo (RDC) a enregistré 19,2 milliards de dollars dus aux licences d’importation auxquelles ont souscrit les opérateurs économiques sur la période allant de 2019-2025.

Paradoxalement, quand on retrace la même somme au niveau de la douane, l’équivalent de l’entrée de ces marchandises en République Démocratique du Congo n’existe pas.

Julien Paluku a déploré cette situation lors d’un briefing presse organisé le mardi 27 mai 2025 à Kinshasa.

D’après le Ministre du Commerce extérieur, cette somme est sortie de la République Démocratique du Congo pour aller acheter la marchandise. Mais cette marchandise souscrite n’est jamais entrée officiellement en RDC car non retracée à la douane du pays.

Pour Julien Paluku, plusieurs raisons expliquent cette situation :

1° les licences d’importation sont utilisées pour blanchissement des capitaux. On sort l’argent de la RDC pour motif qu’on va importer alors qu’il n’en est pas le cas.

2° On sort l’argent de la RDC comme si on va importer pour échapper au fisc. On finit les contenaires dans les pays voisins et au niveau du pays, on fait ressortir en petites quantités, les pays voisins enregistrent les frais de douane. Malheureusement, comme la marchandise entre par fractionnement, on ne bénéficie de rien.

Julien Paluku a rappelé qu’en 2024, le fractionnement a fait perdre à la RDC 3,9 milliards de dollars américains.

Concernant le phénomène de transbordement, il a souligné que le Gouvernement congolais, à travers le Ministre du Commerce, n’a jamais interdit le transbordement qui est reconnu par les textes qui régissent l’Organisation mondiale du Commerce-(OMC) et les lois congolaises dont le Code des douanes en son article 182, car étant une opération de transport des marchandises du point d’embarquement vers la destination qui est la République Démocratique du Congo avec le changement du mode de transport, mais sans modifier le contenu. C’est plutôt le transbordement non encadré par la douane occasionnant le fractionnement, lequel consiste à déplacer ou dépiécer les marchandises dans le but de se soustraire du paiement des droits de douane, qui est interdit par les textes de l’OMC et les lois du pays car c’est un phénomène qui fait saigner le trésor public. D’où la mise en place de mesures pour un meilleur encadrement .

« Avec les pays de la région, nous avons créé le RECORSE, Régime commercial simplifié pour plafonner le commerce transfrontalier à 500 USD. Toutes les activités équivalant à ce montant ne paye pas les douanes. Ce plafonnement ne concerne pas les produits d’importation mais seulement les produits d’origine. », a-t-il indiqué.

Nadine FULA

ZoomEco TV