Economie
RDC : l’espoir renaît pour le marché du cobalt

ANALYSE-Les cours du cobalt ont enregistré une hausse de plus de 50%, passant de 21.150 USD à 33.300 USD la tonne, depuis l’application de la suspension temporaire des exportations de ce minerai en République Démocratique du Congo (RDC). Ce résultat est salué par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi lors de la trente-sixième réunion ordinaire du Conseil des Ministres de vendredi 21 mars 2025.
« Ce niveau, le plus élevé depuis mai 2023, valide l’approche adoptée par le Gouvernement et permet d’envisager, à court terme, un rétablissement significatif des contributions aux revenus de l’Etat issues de l’exploitation cette ressource », indique le compte-rendu dudit Conseil des Ministres.
Pour les autorités congolaises, cette dynamique ouvre la voie à une transformation locale accrue, réduisant la dépendance du pays aux exportations brutes et favorisant la création d’une chaîne de valeur à hauteur ajoutée au sein de l’économie congolaise.
A cet effet, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a ordonné le maintien de la suspension des exportations conformément à la décision prise, le 22 février 2025, par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances stratégiques (ARECOMS). L’objectif ultime du Gouvernement de la RDC étant la maîtrise de la chaîne de valeur du cobalt afin que le pays cesse d’être un simple fournisseur de matières premières et devienne un acteur clé du raffinage et de la transformation des minerais stratégiques.
Des réactions ont fusé de partout après la série de mesures arrêtées par l’ARECOMS.
Si les principales entreprises du secteur minier ont choisi d’observer le silence, il n’en demeure pas moins que cette embellie du marché de cobalt est une véritable aubaine.
Il est clair que la baisse des cours de cobalt sur le marché a été une source de nombreuses inquiétantes, rendant ainsi l’activité économique obsolète. L’inversion de la tendance qui se produit aujourd’hui est donc perçue comme une réelle opportunité de relance de la production dans certaines mines abandonnées faute de rentabilité. C’est le cas du géant minier Glencore.
Pour rappel, le 10 décembre 2024, le Directeur Général du Groupe Glencore, Gary Nagle, a discuté notamment de la problématique liée au marché du cobalt avec le Président Félix Tshisekedi et la Première Ministre Judith Suminwa à Kinshasa. Ce dernier a également salué l’ouverture et le soutien du Chef de l’État à leurs initiatives.
Des experts s’interrogent sur ce qui adviendrait au moment de la levée de la suspension des exportations du cobalt en RDC. Certains craignent que la joie soit de courte durée car il n’est pas exclu que le stock accumulé entre-temps soit déversé sur le marché d’ici mai 2025, revenant ainsi à la case de départ avec des prix bas. D’autres en appellent au coup de génie de l’ARECOMS pour instaurer un modèle des exportations rationnées afin de maintenir l’offre à un meilleur seuil de rentabilité face à la demande.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la République Démocratique du Congo possède 70 % de réserve mondiale de cobalt, ce qui représente 3,5 millions de tonnes métriques de réserve de ce minerai.
La République Démocratique du Congo, grâce à son sous-sol richissime estimé à 24.000 milliards de dollars américains, couplé à un potentiel énergétique dépassant les réserves pétrolières du Nigéria dans son ensemble, se positionne comme acteur incontournable du marché des métaux stratégiques, grâce à ses réserves considérables de cuivre et de cobalt.
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