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RDC : les sept chiffres de la situation économico-financière de 2019

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L’évolution de l’activité économique, l’exécution des opérations financières de l’Etat,  la balance de paiement, la conduite de la politique monétaire et de change, la courbe des réserves de change… Sur la base des données rendues publiques par la Banque centrale du Congo (BCC), Zoom Eco compile sept chiffres-phares de la situation économico-financière de la Rd Congo pour l’exercice 2019. 

Taux de croissance de 4,4%

Un ralentissement de la croissance a été enregistré en 2019. Le taux de croissance s’est établi à 4,4 % contre 5,8 % réalisé en 2018. Cette croissance aura été principalement impulsée par le secteur tertiaire, suivi des secteurs secondaire et primaire. 

En effet, le secteur primaire a accusé une contreperformance au cours de l’année, comparativement au dynamisme dont il faisait montre les années antérieures. Et pour cause, la baisse de la demande des principaux produits d’exportations d’origine minière, laquelle a eu une incidence négative sur la production nationale. 

Bien que moins dynamique par rapport à l’année 2018, soutient la BCC, la croissance de l’économie congolaise est demeurée soutenue, dépassant la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne, estimée à 3,3%, suivant la mise à jour des perspectives de l’économie mondiale de janvier 2020, publiée par le FMI. 

Déficit public situé à 1,0% du PIB

L’exécution des opérations financières de l’Etat s’est soldée, au 31 décembre 2019, par un déficit de 885,5 milliards de CDF. Celui-ci résulte des revenus de 8 204,6 milliards de CDF et des dépenses intégrant l’amortissement de la dette et remboursement titres de 9 090,1 milliards de CDF. Ce qui a dégagé un déficit de 1,0 % du PIB contre 0,4 % l’année précédente. 

D’après des analystes de la BCC, « cette aggravation du déficit résulte de la faiblesse de dynamisme dans la mobilisation des recettes publiques combinée à un accroissement des investissements publics ». 

En d’autres termes, la prédominance des déficits a caractérisés l’évolution des soldes mensuels des opérations du Trésor public en 2019. Exceptés trois mois des échéances fiscales (avril avec 283 milliards de CDF, juillet avec 44,5 milliards de CDF et novembre avec 118,7 milliards de CDF), tous les autres mois se sont clôturés par des déficits dont le plus élevé a été enregistré en mai (soit -339,5 milliards de CDF).

A RE(LIRE) : le Gouvernement oeuvre à réduire de 57% le déficit public à fin mars 2020

Besoin de financement 1,546 milliard USD

Les transactions entre la RDC et le reste du monde ont renseigné un accroissement de besoin de financement à 1,546 milliards USD en 2019 contre 1,235 milliards USD, une année plus tôt. Rapproché au PIB, ce besoin de financement a représenté 3,0 % contre 2,6 %, résultant essentiellement de la réduction de l’excédent du compte capital. 

« Le besoin de financement noté en 2019 a été rencontré par l’entrée des capitaux sous forme d’accumulation nette de passif, principalement au titre d’investissement direct étranger », indique la Banque centrale du Congo.

Si le compte courant a affiché un déficit représentant 3,2 % du PIB en 2019 contre 3,5 % en 2018, le recul de ce déficit a été consécutif à la baisse des déficit de la balance des services et des revenus primaires dans un contexte de baisse d’excédent des comptes des biens et des revenu secondaires.

Le compte capital a, quant à lui, enregistré un solde excédentaire de 146,9 millions de USD, soit 0,3% du PIB, contre celui de 437,1 millions, soit 0,9%. Cette situation a résulté de la baisse sensible des transferts privés entrants. 

Encours Bon BCC, 55 milliards de CDF

L’utilisation du « Bon BCC » a été optimale et en adéquation avec le comportement de la liquidité bancaire. Elle a permis une ponction de la liquidité bancaire à hauteur de 12,5 milliards de CDF, établissant son encours à 55,0 milliards à fin décembre 2019. 

En analysant l’évolution de l’encours du Bon BCC en 2019, les experts de la Banque centrale mettent en exergue trois phases importantes. 

Primo, il a été noté en janvier une injection de 20 milliards de CDF et ce, dans un contexte d’assèchement de la liquidité bancaire. Secundo, le Bon BCC a opéré, entre février et septembre 2019, une ponction globale de 45,50 milliards de CDF, sur fond de pressions sur la liquidité dues essentiellement aux déficits du Trésor. Tertio, l’emploi de cet instrument a favorisé, d’octobre à décembre 2019, une injection de 13,00 milliards de CDF, dans un contexte de ponction de la liquidité opérée par les bons du Trésor et de resserrement budgétaire dans le cadre du Programme de référence avec le FMI. 

Toutefois, la manipulation des instruments de la politique monétaire a visé la préservation de la stabilité du cadre macroéconomique. Le taux directeur a été revu à la baisse, en avril de l’année sous revue, passant de 14,0 % à 9,0 % dans un contexte de la poursuite de la désinflation.

Taux inflation 4,59%

L’objectif final de la politique monétaire est demeuré sous contrôle. En effet, à fin décembre 2019, le taux d’inflation s’est établi à 4,59 % face à un objectif à moyen terme de 7,0 %, dégageant une marge de 2,41 points de pourcentage. Toutefois, les objectifs opératoires et intermédiaire ont été en dépassement par rapport à leurs niveaux programmés.

« Les résultats enregistrés dans le maintien de l’inflation à un niveau faible sont consécutifs à la proactivité de la BCC dans la gestion de la liquidité, particulièrement dans le rôle de réglage-fin joué par le Bon BCC, appuyé par une forte ponction de 224,97 milliards de CDF opérée au titre de réserves obligatoires en 2019 dont les coefficients sont restés inchangés. Les taux appliqués sur les dépôts à vue et à terme en monnaies étrangères et ceux en monnaie nationale ont été respectivement de 13,0 % et 12,0 %, ainsi que de 2,0 % et 0,0 %», précise le Rapport de l’exercice 2019.

En plus de cet impact exercé par la politique monétaire, soutient la BCC, la politique de change a également joué un rôle majeur dans la stabilisation de l’inflation, principalement à travers l’exécution de certaines dépenses de l’Etat en devises. 

Dépréciation monétaire 2,9%

La politique de change mise en oeuvre a contribué à ralentir le rythme de dépréciation de la monnaie nationale. A l’indicatif, la monnaie nationale s’est dépréciée de 2,2 % contre 2,7 % en 2018 et sur le marché parallèle, elle s’est dépréciée de 2,9 % contre 3,6 % l’année d’avant. 

« L’écart entre les taux indicatif et parallèle s’est relativement élargi en 2019, se situant à 1,9%, alors qu’il était de 1,4% en 2018 et 1,1% en 2017. Cette situation a résulté des anticipations observées sur le marché parallèle dans un contexte d’attente de l’entrée en fonction des nouveaux animateurs des institutions de la République, notamment le Gouvernement », indique le Rapport de la politique monétaire 2019.

Tout en veillant au lissage des fluctuations du taux de change, la BCC a axé ses actions sur le relèvement du niveau des réserves internationales. 

Réserves de change, 1,030 milliards USD

Les réserves en devises se sont établies à 1,030 milliards USD contre 879 millions en 2018, soit un relèvement de près de 151,0 millions USD. 

De janvier à novembre, cette période a été caractérisée par la consommation des devises jusqu’à un creux de 842,4 millions au mois d’octobre. D’après la BCC, cette évolution a résulté du paiement accru de certaines dépenses du Trésor en devises. 

Bien plus, le mois de décembre 2019 a, quant à lui, été marqué par l’encaissement d’un import de 368,0 millions de USD au titre de la facilité rapide de crédit, dans le cadre de programme de référence avec le Fonds monétaire international. C’est cet encaissement qui a justifié le relèvement observé dans le stock des réserves en devises, à fin décembre 2019. 

A RE(LIRE) : la BCC appelée à loger les réserves de change dans ses comptes bancaires à l’étranger

Pour l’année 2020 en cours, la politique monétaire et de change à mener dans un contexte de l’amélioration des conditions intérieures devra, d’après la Banque centrale du Congo (BCC), assurer le maintien du rythme de formation des prix et de la volatilité du taux de change à des niveaux faibles ainsi que l’accumulation des réserves internationales à des niveaux confortables. 

Eric TSHIKUMA

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