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RDC : les Télécoms face à une pénalité de 5% du chiffre d’affaires pour manipulation du taux de change

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La Banque centrale du Congo rappelle à l’ordre les sociétés de télécommunication opérant en Rd Congo. Celle qui s’hasarderait à « manipuler le taux de change » sera désormais astreinte à payer une pénalité de 5% du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’exercice précédent. Il s’agit, d’après l’autorité monétaire, d’une infraction à la réglementation de change. 

« La Banque centrale est en train de leur adresser des lettres pour leur dire d’arrêter avec ce jeu de manipulation de taux de change. Dorénavant, elle se réserve le droit de sanctionner toute personne qui s’adonne à la manipulation du taux de change. Pour ces sociétés de télécoms, la pénalité c’est 5% du chiffre d’affaires réalisé l’année précédente », a avertit le gouverneur Déogratias Mutombo au terme du dernier Comité de politique monétaire extraordinaire portant les mesures de stabilisation du franc congolais sur le marché.

En effet, il s’observe depuis quelques jours un comportement qualifié de « jeu spéculatif » de la part des opérateurs de la téléphonie mobile. Cela s’explique par le fait que le taux de change appliqué pour leurs services mobiles est, d’après la Banque centrale, prohibitif tant qu’il ne s’aligne pas au taux de change des opérations tant à l’interbancaire qu’au cours parallèle. 

C’est le cas d’un opérateur qui a pratiqué le taux de 2 050 CDF pour 1 dollar américain le 30 juillet 2020 alors que les taux de change des banques et au niveau des bureaux de change agrées nageait entre 2 028 et 2 040 CDF le dollar américain. La capture d’écran a fait le tour des réseaux sociaux.

Des sources proches des télécoms affirment qu’il n’y a aucune spéculation du taux de change dans le chef de ces opérateurs économiques qui ouvrent dans le respect des textes légaux et réglementaires du pays. 

Elles rappellent le fait que toutes les entreprises référencient leurs prix au dollar américain. Avec la dépréciation accélérée du franc congolais (CDF), plus la devise prend de la valeur, les prix vont augmenter en CDF. Qu’à cela ne tienne, soutiennent-elles, dans les shops officiels de ces télécoms, les prix appliqués suivent le rythme du taux à l’interbancaire.

Le problème par contre, commente un analyste anonyme, se situe au niveau de tous les débrouillards-revendeurs indirects de services mobiles qui n’engagent nullement les télécoms dans la pratique des leurs prix en anticipant sur la dépréciation. 

« Il suffit de faire un tour aux coins des rues pour constater que les unités de 1 USD par exemple sont revendues à 2 250 CDF voire 2 300 CDF. Et comme par concours de circonstance, ils sont tous alignés au même prix. Hélas, ni les télécoms encore moins l’Etat n’a la main sur ces personnes », a déploré Martin Mukendi.

A RE(LIRE) : spéculation sur le marché de change, les Télécoms dans le viseur de la Banque centrale 

A tout prendre, les deux parties pourront ouvrir le dialogue dans les prochains jours afin de converger leurs efforts pour poser des actes qui concourent à la lutte contre la spéculation accélérant la dépréciation du franc congolais.

Elles vont également échanger sur les contours de la « mauvaise manipulation du taux de change » qui est considérée comme une infraction à la réglementation de change assortie d’une sanction consignée dans les tarifs et conditions de la Banque centrale.

D’après des sources proches de la corporation des cambistes, la tendance baissière du franc congolais va bientôt être ralentie et s’arrêter.

Deux indices expliquent cette situation : l’observance de la baisse de la demande de dollars américains et la rareté des francs congolais sur le marché de change. En des termes clairs, l’accalmie s’annonce dans les prochains jours. 

Mais il est impérieux de travailler sur les faiblesses internes et structurelles afin de renforcer la résilience du pays face au chocs endogènes et exogènes.

Emilie MBOYO

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