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Monde : le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire a bondi de 60 % entre 2014 et 2023

En Afrique, l’insécurité alimentaire s’aggrave à un rythme alarmant.
Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, le nombre de personnes concernées a augmenté de 60 % entre 2014 et 2023, atteignant 282 millions de personnes en 2023, un record historique. Cette crise touche désormais 58 % des africains, soit le double de la moyenne mondiale, malgré une production agricole en hausse de 160 % au cours des trois dernières décennies.
Les causes sont multiples : délais d’acheminement trop longs, coûts de transport élevés, frontières engorgées et infrastructures obsolètes.
Pourtant, renseigne la source, l’Afrique dispose de 379 postes-frontières terrestres et 147 ports, mais seuls 20 points de passage et 10 ports concentrent une part majeure des flux sous une forte pression logistique.
Les plus pauvres en première ligne
L’insécurité alimentaire frappe principalement les pays à faible revenu : 60 % des populations y sont touchées. Crises climatiques, conflits armés, invasions de criquets et séquelles de la pandémie ont fragilisé des chaînes d’approvisionnement déjà précaires.
En Éthiopie, 15 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire, malgré un plan de désenclavement routier financé à hauteur de 300 millions de dollars par la Banque mondiale.
Des mesures d’urgence et de long terme recommandées
Face à ce fléau, la Banque mondiale plaide pour une thérapie logistique et commerciale, articulée autour de six leviers :
1. Moderniser les ports prioritaires pour fluidifier le transport alimentaire en vrac, notamment vers les zones enclavées ;
2. Lever les obstacles douaniers et harmoniser les pratiques de gestion aux frontières pour réduire les coûts ;
3. Renforcer la résilience des corridors alimentaires, afin d’anticiper les crises ;
4. Développer les capacités de stockage et de distribution, pour limiter les pertes post-récolte ;
5. Stimuler la concurrence dans le transport, afin de faire baisser les prix ;
6. Élargir l’accès aux marchés structurants, pour que les denrées circulent jusqu’aux plus vulnérables.
Axel van Trotsenburg, Directeur Général senior de la Banque mondiale s’exprime en ces termes : « Nos opérations ont permis à plus de 200 millions de personnes d’accéder plus facilement à la nourriture. Mais les besoins restent immenses. »
En clair : sans révolutionner les infrastructures alimentaires et logistiques du continent, les efforts agricoles resteront impuissants face à une demande grandissante et des chocs de plus en plus fréquents, avance un extremiste rigoureux spécialisé en infrastructure et logistique du continent.
Flory MUSISWA






















