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Ebola en RDC : Jean Kaseya exige des partenaires la transparence sur les fonds reçus

Le Directeur Général d’Africa CDC, Jean Kaseya, appelle les partenaires impliqués dans la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) à faire preuve de transparence dans la gestion des financements reçus. Il rappelle que le Gouvernement congolais peut mettre fin à leur engagement, voire leur demander de quitter le pays, s’ils ne rendent pas compte de l’utilisation des fonds mobilisés.
« Un partenaire qui a reçu l’argent pour répondre à l’épidémie Ebola doit être transparent vis-à-vis du Gouvernement, doit dire qu’est-ce qu’il a reçu et qu’est-ce qu’il fait de cet argent en suivant le plan du Gouvernement », a déclaré Jean Kaseya, en insistant sur la nécessité d’un suivi rapproché des financements destinés à la riposte.
Selon lui, le Gouvernement congolais doit désormais assurer un contrôle plus étroit des ressources mobilisées auprès des bailleurs et décaissées au profit des partenaires de mise en œuvre.
« Si cela ne se fait pas, le Gouvernement a le loisir de stopper leur engagement en RDC et même de les faire partir de la RDC », a-t-il averti.
Pour étayer son appel à la transparence, le patron d’Africa CDC a présenté les chiffres consolidés des financements consacrés à la lutte contre Ebola. Sur les 1,6 milliard USD d’engagements initialement mobilisés auprès des partenaires, 962 millions USD ont déjà été décaissés directement aux partenaires de mise en œuvre, selon les données communiquées par Jean Kaseya.
Il a toutefois relevé que le Gouvernement congolais ne disposerait pas d’informations sur l’utilisation de plus de 200 millions USD parmi ces fonds.
« Où se trouvent les 700 millions de dollars ? C’est ça la vraie question que l’on se pose », a-t-il déclaré, appelant à davantage de visibilité sur les ressources mobilisées et leur affectation.
Jean Kaseya a également souligné l’engagement financier des autorités congolaises. Au lancement du plan régional de riposte, dont les besoins étaient évalués à 512 millions USD, la RDC avait déjà débloqué 50 millions USD sur les quelque 240 millions USD prévus pour sa réponse nationale.
La mobilisation financière s’est depuis renforcée. À la suite des démarches diplomatiques menées par la Première Ministre Judith Suminwa, notamment lors des rencontres avec les partenaires internationaux à New York, les engagements annoncés pour la riposte sont passés à 3,045 milliards USD, selon le directeur général d’Africa CDC.
Parmi les principaux contributeurs cités figurent les États-Unis, dont les engagements sont passés de 462 à 887 millions USD, la Banque mondiale, avec environ 420 millions USD, et l’Union européenne, avec près de 500 millions USD.
Pour Jean Kaseya, cette mobilisation doit s’accompagner d’une responsabilité accrue des organisations chargées de mettre en œuvre les interventions sur le terrain. L’enjeu est de s’assurer que les financements soient utilisés conformément aux priorités définies par le gouvernement congolais.
Au-delà de la gestion financière, le responsable d’Africa CDC a alerté sur les conséquences de l’épidémie sur l’accès aux soins dans les zones affectées. Il a notamment évoqué une hausse de 75 % de la mortalité maternelle à Bunia et à Nizi, ainsi qu’une baisse de la couverture des services de vaccination pour les enfants.
Malgré ces difficultés, Jean Kaseya a relevé une évolution encourageante de la situation épidémiologique, indiquant que la courbe des cas était en baisse depuis deux semaines au moment de son intervention. Il a toutefois précisé que l’épidémie n’était pas encore terminée et que les principaux foyers de transmission semblaient progressivement se déplacer de l’Ituri.
Alors que la riposte entre dans une phase décisive, le message du patron d’Africa CDC est clair : la mobilisation des ressources internationales doit aller de pair avec la transparence, la redevabilité et le respect des priorités fixées par les autorités congolaises.
AGNES KAYEMBE







