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RDC : MIBA, l’Etat-propriétaire décide de suspendre les mandataires et de désigner des chargés des missions

L’Etat congolais, propriétaire de la Minière de Bakwanga (MIBA), vient de lever l’option de suspendre les membres du Conseil d’administration et ceux du Comité de gestion de cette entreprise du portefeuille. Cette décision à l’effet immédiate avait été approuvée en Conseil des ministres présidée par le chef de l’Etat, ce vendredi 29 mai 2020.
« La situation actuelle de la MIBA SA a préoccupé profondément les membres du Conseil des ministres qui a décidé de la suspension immédiate du Conseil d’administration et de la Direction générale de la MIBA SA, ainsi que de la désignation des chargés des missions aux fins d’examiner les pistes de redressement de la situation et la convocation d’une Assemblée générale », indique le compte-rendu de la réunion du Gouvernement fait par le ministre d’Etat, ministre des Ressources hydrauliques et électricité, Eustache Muhanzi.
En effet, le Rapport de la mission d’audit diligentée au sein de cette entreprise publique a été présenté par le ministre du Portefeuille. Son contenu faisant état d’importants dysfonctionnements au titre de la conformité, de la gouvernance et management, de la production et de la gestion financière ont été ainsi examiné de fond en comble.
Ce qui a abouti par l’adoption, sur proposition du ministre du Portefeuille, de ce train de mesures thérapeutiques. Et ce, dans l’objectif de remettre à flot, autant que faire se peut, cette société qui constituait, hier encore, la fierté de toute la Nation.
Toutefois, ce passage en revue de la situation de la MIBA, à lire le compte-rendu du Conseil des ministres, n’a aucunement fait mention de la publication légale, pourtant réclamée par la société civile, de l’accord de joint-ventre que cette entreprise a signé depuis le 12 février 2020 avec la firme roumaine AM Développements international.
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— Zoom Eco (@Zoom_eco) May 28, 2020
Dans une lettre ouverte adressée récemment au premier ministre, la Coalition pour la gouvernance des entreprises publiques du secteur extractif (COGEP) estimait que le fait pour le Gouvernement de s’abstenir de publier ledit contrat favorise la gestion opaque dans toutes les entreprises publiques.
Les organisations signataires de cette lettre ouverte ont sollicité l’implication du chef du Gouvernement afin de faire appliquer la loi en la matière et de promouvoir une gestion transparente des entreprises du Portefeuille de l’Etat en conformité avec les prescrits légaux et réglementaires.
A RE(LIRE) : la non publication du contrat MIBA-AMD 90 jours après sa signature viole le Code minier
Pour rappel, la situation à la Minière de Bakwanga (MIBA) est très calamiteuse. Cette entreprise se caractérise par un retard de paiement de salaires chronique. D’après la délégation syndicale, c’est plus de 170 mois d’arriérés de salaires accumulés à ce jour.
La MIBA est une société étatique productrice du diamant industriel tombée en faillite suite à la détérioration de ses infrastructures de production et à la mégestion. La faillite de cette entreprise a envoyé plusieurs personnes au chômage.
Mi-avril 2019, elle a réceptionné des engins de production d’une valeur de 5 millions de dollars américains financés par le prêt lui accordé par la Gécamines.
De voix se sont levées pour attirer l’attention du chef de l’Etat sur cette entreprise qui se meurt. Cette suspension n’est qu’un pas vers la solution, estiment certains experts. Mais, il faudra l’accompagner de mesures drastiques pour redorer l’image de cette entreprise de l’Etat.
Nadine FULA
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