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RDC-Chine : Louis Watum et CMOC posent les jalons d’une montée en puissance du cuivre

Le Ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a rencontré, le jeudi 25 mars 2026, le groupe chinois CMOC Group Limited, dirigé par Charles Peng, en présence de l’Ambassadeur de la RDC en Chine, du Secrétaire Général aux Mines et des dirigeants de Tenke Fungurume Mining (TFM) et CMOC Kisanfu.
L’objectif de cette rencontre est de faire de la RDC le deuxième producteur mondial de cuivre à court terme.
Selon les discussions, CMOC pourrait représenter plus de 30 % de la production nationale, un volume capable de modifier significativement le marché mondial.

Les parties ont défini un cadre opérationnel précis : respecter strictement les normes environnementales et les standards ESG, se conformer au cadre légal congolais, investir dans les communautés locales pour améliorer leurs conditions de vie, soutenir le développement des infrastructures énergétiques et encadrer les Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) afin d’intégrer l’exploitation artisanale dans le circuit formel.
La question de la participation locale au capital des filiales, y compris pour les travailleurs, a été abordée ; CMOC ayant confirmé sa volonté d’alignement avec les orientations nationales et de collaboration avec les autorités.
Les experts soulignent plusieurs points déterminants : le potentiel de production est élevé, avec TFM et Kisanfu situés dans la ceinture cuprifère du Katanga, offrant une croissance soutenue et stratégique, mais la crédibilité du groupe dépendra de l’application réelle de ses engagements ESG et environnementaux sur le terrain, dans des zones souvent marquées par des tensions sociales.
L’inclusion des congolais dans le capital représente un levier de stabilité et d’appropriation nationale, tandis que l’équilibre entre grands projets et exploitation artisanale demeure crucial pour éviter de marginaliser des milliers de petits producteurs locaux.
La banque des données du secteur minier consultées par zoom-éco.net renseigne que le géant chinois CMOC est déjà un acteur majeur à l’échelle mondiale.
Selon les rapports du Cobalt Institute (Cobalt Market Report 2024), le groupe est devenu en 2024 le premier producteur mondial de cobalt, avec 114.200 tonnes, représentant environ 31 % du marché global, détrônant Glencore.
Sur le cuivre, CMOC a produit 740.000 tonnes en 2025, contre 650.000 en 2024, consolidant sa position de leader en RDC devant Ivanhoe Mines, avec une capacité opérationnelle de TFM et Kisanfu fonctionnant à 31 % au-dessus de la capacité déclarée.
Les cabinets Benchmark Mineral Intelligence et CRU Group notent que cette stratégie de production élevée permet à CMOC de capter des parts de marché tout en maintenant les prix du cobalt autour de 21.550 USD/t début 2025, alors que la rentabilité est protégée par les prix du cuivre, environ 13.200 USD/t en 2025.
Pour sa part, Wood Mackenzie souligne que CMOC prévoit de porter sa production de cuivre entre 760.000 et 820.000 tonnes en 2026, confirmant son ambition de devenir un acteur « Tier 1 » mondial du cuivre.
Pour le Ministre Louis Watum Kabamba, le développement minier repose sur trois priorités non négociables, à savoir :
Primo, accroître la production ;
Secundo, respecter les normes environnementales ;
Tertio, générer des retombées concrètes pour la population.

Cette rencontre, glisse un think tank du secteur basé à Johannesbourg, traduit une volonté de renforcer l’industrialisation du cuivre en RDC, mais le succès dépendra de la mise en œuvre effective des engagements pris par CMOC et les autorités congolaises, tant sur le plan économique que social et environnemental.
Flory MUSISWA
























