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Exportation du cuivre et du cobalt : le Gouvernement muscle le dispositif sur les concentrés non transformés

La République démocratique du Congo renforce le contrôle sur la sortie de ses minerais stratégiques.
Un arrêté interministériel signé le 29 juin 2026 interdit désormais l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, sauf dérogation accordée par le Ministre des Mines pour une durée d’un an.
Le texte porte les signatures du Vice-Premier Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et du Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya.
Il remplace le cadre adopté le 4 août 2023 et redéfinit les règles de commercialisation, d’exportation et de classification des produits miniers marchands.
Les titulaires de droits miniers ou de carrières, les entités de traitement ainsi que les comptoirs agréés peuvent solliciter une autorisation exceptionnelle. Chaque demande devra être examinée en tenant compte de la politique minière nationale, mais aussi des contraintes techniques et économiques propres aux minerais concernés.
Le Gouvernement veut pousser les opérateurs à transformer davantage leur production en RDC avant de l’exporter.
Cette politique vise notamment à privilégier les cathodes de cuivre, les hydroxydes de cobalt et d’autres produits à plus forte valeur commerciale.
Les statistiques du premier trimestre 2026 montrent cependant qu’une partie importante de la production subit déjà une première transformation locale.
La RDC a exporté 696.725 tonnes de cathodes de cuivre, contre 53.926 tonnes de concentrés contenant 18.863 tonnes de métal. Elle a également expédié 51.940 tonnes d’hydroxydes de cobalt renfermant 17.054 tonnes de cobalt.
Les entreprises qui dépendent encore des dérogations seront donc les plus directement touchées. Le complexe Kamoa-Kakula a, par exemple, déjà obtenu des autorisations pour exporter une partie de ses concentrés, bien qu’une quantité croissante de sa production soit traitée localement ou dans des installations situées à Kolwezi.
L’arrêté prévoit par ailleurs la taxation des sous-produits miniers présentant un intérêt économique.
Les substances récupérables lors du raffinage seront valorisées selon un coefficient de 55 % avant le calcul de la redevance minière. Une période transitoire de trois mois permettra aux opérateurs de les déclarer sans paiement immédiat.
Pour les spécialistes du secteur, les retombées attendues dépendront surtout de la disponibilité de l’électricité, des capacités des fonderies et des raffineries, de la stabilité du régime fiscal ainsi que de la prévisibilité des dérogations.
Sans ces garanties, estiment-ils, l’interdiction pourrait provoquer une accumulation des stocks et une hausse des coûts.
Avec des investissements adaptés, elle pourrait favoriser l’industrialisation, élargir la base fiscale et permettre à la RDC de conserver une part plus importante de la valeur produite par son cuivre et son cobalt.
Les recommandations de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, (ITIE), plaident également pour une meilleure publication des volumes, des valeurs exportées et des données par entreprise. La transparence sur les bénéficiaires des dérogations et les quantités autorisées sera ainsi déterminante pour limiter les traitements préférentiels et renforcer la crédibilité du dispositif.
Flory MUSISWA























