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RDC : Eric Tshikuma interpelle le Gouvernement sur le respect des normes environnementales dans le secteur minier

Lors de la plénière tenue ce jeudi 2 avril 2026 à l’Assemblée nationale, le député Eric Tshikuma a obtenu des éclaircissements de la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Niange Ndambo, sur les mécanismes de protection de l’Environnement dans le secteur minier. Un échange qui remet au centre du débat la question de l’effectivité des normes environnementales en République démocratique du Congo.
La Ministre a rappelé que les dispositifs légaux et réglementaires existent et couvrent les différentes formes de pollution liées aux activités minières. Elle a toutefois reconnu que ces mécanismes nécessitent un renforcement, notamment à travers une meilleure coordination entre les institutions concernées et une approche interministérielle plus structurée.

Dans le même élan, elle a indiqué qu’une Commission nationale ad hoc est déjà opérationnelle, conformément aux instructions du Chef de l’État, avec pour mission de veiller au respect strict des normes environnementales par les entreprises minières. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de passer d’un cadre normatif existant à une application plus rigoureuse sur le terrain.
Sur le volet des contrôles et des sanctions, la Ministre a évoqué des cas de non-respect des normes ayant donné lieu à des mesures correctives et à des sanctions depuis son entrée en fonction. Elle s’est engagée à transmettre un rapport exhaustif sur les entreprises concernées, dans une logique de redevabilité vis-à-vis du Parlement et de l’opinion publique.
Les échanges ont également mis en lumière plusieurs défis.
Le député national Eric Tshikuma a insisté sur la nécessité de renforcer les mesures de contrainte et de réparation à l’encontre des pollueurs, mais aussi de clarifier les responsabilités entre le Ministère des Mines et celui de l’Environnement, souvent au cœur de chevauchements institutionnels.

Au-delà des mécanismes institutionnels, Eric Tshikuma a rappelé que derrière chaque cas de pollution, il y a des villages, des familles et des écosystèmes directement exposés aux conséquences des activités minières. Une réalité qui appelle, selon lui, à une vigilance accrue et à des actions concrètes sur le terrain.
Dans le secteur, les analystes estiment que la RDC dispose déjà d’un cadre réglementaire aligné sur les standards internationaux, notamment en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, les normes ESG. Mais leur application reste inégale.
Pour plusieurs experts miniers, le principal défi ne réside pas dans l’absence de textes, mais dans leur mise en œuvre effective. Ils estiment que le renforcement des contrôles, la traçabilité des opérations minières et la transparence des données environnementales constituent des leviers essentiels pour améliorer la situation.
D’autres soulignent l’importance d’un dialogue renforcé entre l’État, les entreprises et les communautés locales.
Selon eux, une meilleure prise en compte des impacts environnementaux et sociaux pourrait non seulement réduire les conflits, mais aussi améliorer l’attractivité du secteur auprès des investisseurs internationaux sensibles aux standards ESG.

Au-delà des engagements institutionnels, la question posée reste celle de la capacité du pays à protéger ses écosystèmes face à l’intensification des activités minières. Une exigence qui implique autant la rigueur des institutions que la responsabilité des opérateurs.
Flory MUSISWA
























