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Qatar-RDC : Tshisekedi et l’émir consolident un dialogue aux implications élargies

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À Doha, ce mercredi 1er avril 2026, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a échangé avec l’Émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, dans un climat international sous tension.

L’entretien a permis de passer en revue plusieurs dossiers sensibles, avec une attention particulière portée à la situation au Moyen-Orient. Les récentes actions militaires impliquant l’Iran et visant le Qatar ainsi que d’autres États de la région ont été évoquées.

Kinshasa a, à cette occasion, exprimé sa solidarité envers Doha, tout en réaffirmant son attachement aux principes du droit international, notamment le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

Au-delà de cette lecture géopolitique, les deux dirigeants ont également abordé la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Le Président congolais a renouvelé son soutien aux initiatives de médiation portées par le Qatar, traduisant une volonté de s’inscrire dans une approche concertée des crises régionales.

Mais cet échange diplomatique s’inscrit aussi dans une dynamique économique plus large, amorcée depuis plusieurs mois.

La visite à Kinshasa, en septembre 2025, du cheikh Al-Mansour bin Jabor bin Jassim Al Thani, dirigeant d’Al Mansour Holding, avait déjà posé les jalons d’un partenariat multisectoriel couvrant quinze domaines stratégiques. Agriculture, énergie, télécommunications, mines, sécurité ou encore cybersécurité figurent parmi les secteurs identifiés.

Si ces initiatives sont portées par des acteurs privés, elles s’adossent à une stratégie d’investissement plus structurée du Qatar.

D’après Jeune Afrique, près de 21 milliards de dollars pourraient être orientés vers la RDC, sur un fonds global de 300 milliards destiné à l’Afrique et à l’Asie. Une enveloppe qui, par son volume, place la relation bilatérale dans une perspective peu commune à l’échelle du continent.

Les projets envisagés traduisent cette ambition. Ils concernent notamment le réaménagement urbain de Kinshasa, la construction d’une nouvelle ville à Kasumbalesa, le lancement d’une industrie pharmaceutique locale à travers Congo Pharma, la production de logements sociaux à grande échelle, ou encore la transformation et le raffinage des ressources minières. À cela s’ajoutent des investissements dans les infrastructures de transport, dont la modernisation de l’aéroport de N’Dolo.

Pour plusieurs analystes des politiques d’investissement en Afrique, cette orientation illustre une volonté du Qatar de s’ancrer durablement dans des économies à fort potentiel, en diversifiant ses engagements au-delà des secteurs traditionnels.

Des spécialistes des marchés émergents y voient également une opportunité pour la RDC d’accélérer sa trajectoire d’industrialisation, à condition de structurer efficacement la mise en œuvre des projets.

D’autres experts en gouvernance économique insistent, pour leur part, sur l’importance des cadres institutionnels et de la capacité d’absorption des investissements, éléments déterminants pour traduire ces engagements en réalisations concrètes.

Dans ce contexte, la rencontre de Doha apparaît comme un point d’appui dans une relation en construction. Elle articule enjeux diplomatiques et perspectives économiques, dans une logique de coopération appelée à s’inscrire dans le temps, assène une galaxie des lobbistes en diplomatie économique internationale.

Flory MUSISWA

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