Banques
Africa Banking Forum 2026: Ilham Zainane partage l’expérience de Bank Al Maghrib Maroc

En créant One Africa Banking Forum, l’ambition, selon les organisateurs, était d’accompagner le dialogue Sud-Sud afin de créer des banques africaines fortes, intégrées, avec des fonds propres solides, capables d’accompagner le développement du continent africain à l’échelle régionale et aussi à l’échelle de chaque pays. Al Maghrib Maroc illustre bien cette vision.
La Directrice Générale adjointe de cette banque, Ilham Zainane, a partagé ce jeudi 2 avril 2026 les leçons à tirer du modèle bancaire de son pays.
Ilham Zainane a pris part à la XVIIe édition de Africa Banking Forum qui se tient à Kinshasa du 2 au 3 avril 2026.
Au cours du panel axé sur les leçons à tirer du modèle bancaire marocain, elle a expliqué que le modèle bancaire marocain offre des leçons clés : une résilience accrue via une forte régulation (Bank Al-Maghrib), une transformation digitale rapide (paiement mobile, ouverture de compte à distance) pour booster l’inclusion financière et un rôle pivot dans la coopération financière en Afrique. Ce modèle combine stabilité traditionnelle et innovation, malgré un besoin persistant d’inclusion bancaire en milieu rural.
Six leçons à tirer du modèle bancaire marocain
Le modèle bancaire marocain offre des leçons clés : une résilience accrue via une forte régulation (Bank Al-Maghrib), une transformation digitale rapide (paiement mobile, ouverture de compte à distance) pour booster l’inclusion financière, et un rôle pivot dans la coopération financière en Afrique. Il combine stabilité traditionnelle et innovation, malgré un besoin persistant d’inclusion bancaire en milieu rural.
Voici les principales leçons à tirer :
1°Régulation prudente et solide : Le Maroc a renforcé la gouvernance de son secteur bancaire en l’alignant sur les normes internationales, ce qui assure stabilité et résilience face aux chocs.
« Ce qui est adopté dans la banque centrale, je peux vous dire rapidement que le Gouvernement a une gouvernance qui, sur le plan organisationnel, reprend la pensée de la banque. Celle-ci représente un peu l’instance en matière de décision et de politique monétaire. Mais la banque centrale est aussi dotée d’autres organes, à savoir le comité monétaire et financier, le comité de marché monétaire, en plus du comité interne de gouvernance qui assiste le gouverneur de la banque centrale pour la direction des affaires de la banque. », a expliqué Ilham Zainane, Directrice Générale Adjointe de Bank Al Maghrib Maroc.
2°Accélération de la digitalisation : La banque marocaine de demain est en développement continu avec une forte adoption de la transformation numérique (intelligence artificielle, RegTech). La réglementation encourage le paiement mobile (M-payment) et l’ouverture de compte à distance pour réduire le cash.
3°Inclusion financière et nouveaux acteurs : Malgré les progrès, la moitié de la population adulte n’a pas de compte bancaire. La leçon est de s’appuyer sur les établissements de paiement et la fintech pour couvrir les zones mal desservies.
4°Stratégie africaine (Sud-Sud) : Les banques marocaines se positionnent comme des acteurs majeurs sur le continent africain, servant de passerelle entre les marchés africains et internationaux.
5°Optimisation des ressources : Le modèle profite de la baisse des coûts des ressources grâce à une forte progression des dépôts à vue, souvent non rémunérés.
6°Adaptation aux risques : L’adoption des technologies de régulation (RegTech) a permis de réduire de 38% les erreurs de fraude, améliorant la sécurité des transaction
D’après Ilham Zainane, en parallèle, leur banque a des comités de surveillance macro-prudentielle qui sont un comité interne de stabilité financière, un comité de coordination et de surveillance des risques systémiques présidé par M. Gouedi et qui compte parmi ses membres les autres régulateurs du secteur financier. Il s’agit du régulateur des assurances ou le régulateur de l’autorité marocaine du marché des capitaux ainsi que le ministère des Finances.
Défis et perspectives pour le secteur bancaire marocain
En termes de défis et perspectives, ils sont essentiellement liés à cette expertise mondiale qui a atteint des niveaux exceptionnels et qui crée depuis quelques années un développement de fragilités accrues, dans lequel il est davantage probable que le système soit considéré comme lointain.
« Nous vivons actuellement, et de manière continue, dans un stress test réel à dimension réelle, et donc qui est lié à cette tension géopolitique, la réorientation des politiques commerciales, les crises liées au climat et à la nature, l’évolution démographique et les réactions technologiques qui aggravent les inégalités structurelles, notamment pour notre continent », a-t-elle épinglé.
Cette combinaison de facteurs pourrait avoir des conséquences considérables pour les économies, les marchés financiers et les banques.
Aussi, cet environnement dicte des priorités clés pour le secteur, mais aussi pour la supervision bancaire et qui couvrent la résilience financière, la digitalisation et la fintech.
Un autre défi, c’est celui de l’inclusion financière des populations non bancarisées et l’accès aux services bancaires.
« Nous avons aussi des défis et des priorités en termes d’inclusion et de crédit pour encourager le financement des petites entreprises et aussi de l’entrepreneuriat féminin », a-t-elle indiqué.
Un troisième défi, les priorités en termes de renforcement des capacités, parce que même avec cette nouvelle pandémie, cette technologie, ces innovations, le Maroc a toujours besoin du facteur humain. Que ce soit pour le superviser au niveau des banques, sur les métiers de risque et de responsabilité notamment et sur le reste des métiers.
Un quatrième défi, la promotion de l’équité homme-femme. C’est une des premières lignes de la gouvernance et de l’organisation des établissements de crédit.
Un cinquième défi, la finance verte. Au sein de l’entrepreneuriat, cette banque accorde une attention accrue à l’intégration des risques liés aux changements climatiques, mais pas seulement la partie risque, mais aussi la promotion de la finance verte à travers la notion de stratégie et de gestion des risques propres à ce risque.
Le sixième défi, la transformation numérique et la cyber-résilience.
« La gestion des risques opérationnels et les prochaines expériences en termes d’évaluation des instances internationales que nous avons, sont planifiées pour la Banque centrale de l’Europe en 2026. Cela concerne le GAFIN1 et le FSAAP », a insisté Ilham Zainane.
Par ailleurs, elle a insisté sur le cadre de gouvernance marocain qui a été adapté au développement du secteur financier, du secteur bancaire marocain et qui travaille sur la promotion des bonnes pratiques de gouvernance à travers une nouvelle charte de gouvernance ainsi que la promotion de bonnes pratiques en termes de codes de conduite et de coopération, d’équité professionnelle au sein de la gouvernance.
Nadine FULA






















