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RDC : la magistrature franchit la barre de 8.000 membres, un défi pour l’économie judiciaire

Le Président Félix Tshisekedi a procédé, le mardi 1er avril 2025, à la nomination de 2.500 nouveaux magistrats, renforçant ainsi un corps judiciaire en pleine expansion.
Ces ordonnances ont été lues dans la soirée du même jour sur la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) par Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État, en présence de Télesphore Nduba, Secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature.
Une croissance rapide du corps judiciaire
Avec ces nouvelles nominations, la République Démocratique du Congo (RDC) compte désormais plus de 8.000 magistrats, contre 5.573 en mars 2024 et 3.200 en 2023.
Leur répartition se présente de manière suivante :
– 2.340 magistrats civils nommés au grade de substitut du procureur, issus du recrutement de 2022.
– 6 hauts magistrats militaires promus aux grades de Lieutenant-Général et Général-Major, dont Bivegete Pinga Solo Jean et Ilunga Dikita Polo à la Haute Cour Militaire.
Un renforcement judiciaire pour une justice plus efficace
Selon les experts du secteur, cette montée en puissance vise à réduire l’arriéré judiciaire, améliorer l’accès à la justice et renforcer l’État de droit. Un effectif plus important permettrait une meilleure couverture territoriale, notamment dans les provinces où le système judiciaire est souvent sous-représenté.
Un défi économique majeur
Si cette expansion de la magistrature marque une avancée institutionnelle, des experts s’inquiètent de l’impact économique d’un corps judiciaire pléthorique.
Avec une administration en difficulté et des finances publiques sous tension, la capacité de l’État à assurer la rémunération et les moyens de travail de ces nouveaux magistrats reste incertaine.
Certains analystes redoutent que cette croissance incontrôlée crée un modèle économique insoutenable, risquant d’accentuer les retards de paiement et, à terme, d’alimenter la corruption.
Face à ces enjeux, plusieurs experts appellent à un gel des nouvelles nominations et à une réforme structurelle pour garantir un financement viable et une justice réellement indépendante.
Flory Musiswa.
























