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Economie

RDC : George Arthur Forrest préconise l’industrialisation locale

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Entrepreneur belge présent en République Démocratique du Congo depuis 1922, George Arthur Forrest défend une transformation industrielle locale des ressources et une modernisation des infrastructures pour garantir un développement durable du pays.

Face à la domination chinoise dans le secteur minier, il plaide pour un modèle plus équilibré et une indépendance accrue des industries congolaises.

Cette position incarnée par le concerné a été étayée au cours d’une interview accordée au service économie de la Radio France Internationale (RFI), en marge de la publication de son nouveau livre, intitulé : « L’Afrique peut nourrir le monde ».

L’urgence d’une transformation locale

Acteur historique du cuivre et du cobalt, Forrest critique la tendance actuelle qui voit les matières premières exportées sans valeur ajoutée. Il estime que la RDC doit cesser d’être un simple fournisseur de minerais bruts et investir dans des infrastructures de transformation locale.

Dans cette optique, il mise désormais sur l’agriculture avec « Go Congo », un projet visant l’autosuffisance alimentaire. Mais le défi est immense : manque d’investissements, d’infrastructures et d’un cadre juridique stable freinent l’essor du secteur.

Forrest insiste sur l’importance des routes, des chemins de fer et de l’énergie, appelant à des privatisations ciblées pour attirer les capitaux.

Corruption, dépendance et réglementation : des entraves au développement

Forrest met en garde contre une dépendance excessive aux investisseurs étrangers, notamment asiatiques, qui contrôlent aujourd’hui une large part du secteur minier. Il appelle à un équilibre entre capitaux locaux et internationaux pour préserver les intérêts congolais.

Malta Forrest dénonce aussi la corruption, un frein majeur au climat des affaires, et critique les réglementations européennes jugées trop contraignantes par rapport à celles en Asie, ce qui limite, selon lui, la compétitivité africaine.

Une RDC vulnérable aux tensions internationales

Au-delà des défis internes, Forrest alerte sur l’impact des crises mondiales, notamment la guerre en Ukraine et la fin de l’aide américaine, qui fragilisent encore plus l’économie congolaise. Il souligne également les tensions régionales, notamment avec le Rwanda, qui menacent la stabilité des investissements.

Un diagnostic lucide, mais des solutions contestées

Si George Arthur Forrest met en avant des pistes essentielles pour le développement de la RDC, notamment la transformation industrielle locale et l’amélioration des infrastructures, son plaidoyer en faveur des privatisations pourrait susciter des réticences.

Certains experts estiment que l’État doit renforcer son contrôle sur les ressources stratégiques plutôt que de les ouvrir davantage aux investisseurs privés.

« Le véritable enjeu reste la capacité de l’État congolais à mettre en place des politiques économiques cohérentes, capables de structurer un modèle de développement inclusif et durable », notent les analystes.

Flory Musiswa

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