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RDC : Plus de 700 millions USD issus des DTS orientés vers le PDL-145T en 2022

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a consacré une part substantielle de l’allocation exceptionnelle de Droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) au financement du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), selon le Rapport annuel consolidé 2022 publié par le ministère des Finances.
Sur un total de 1,022 milliard de DTS (environ 1,447 milliard USD) alloué à la RDC en août 2021 dans le cadre de l’allocation générale décidée par le FMI pour soutenir la reprise post-Covid, 50 % ont été destinés au Gouvernement au titre d’appui budgétaire.
Pour la seule composante gouvernementale, l’équivalent d’environ 714 millions USD a été affecté au financement d’infrastructures sociales dans le cadre du PDL-145T. Ce programme vise à réduire les disparités territoriales en investissant directement dans les 145 territoires que compte le pays.
Sur ce montant, 511 millions USD ont été programmés pour l’exercice 2022 et 203 millions USD inscrits au budget 2023.
Le premier volet du programme, financé en 2022, concerne la construction et l’équipement de 1.210 écoles, 788 centres de santé et 145 bâtiments administratifs destinés à restaurer la présence de l’État à l’échelle locale.
Deux transferts ont été effectués au profit des agences d’exécution le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Bureau Central de Coordination (BCeCo) et la Cellule d’Exécution des Financements en Faveur des États Fragiles (CFEF) pour un total de 511 millions USD : 300 millions en mars 2022 et 211 millions en décembre 2022.
À fin décembre 2022, les engagements contractuels s’élevaient à 389,45 millions USD, soit 76,2 % des montants alloués au premier volet. Les décaissements effectifs pour les trois agences représentaient 103,48 millions USD (20,3 %).
Toutefois, en intégrant les montants transférés au PNUD hors périmètre direct du Trésor le niveau global de décaissement atteignait 273,3 millions USD, soit 53,5 %.
Les soldes non utilisés en 2022 doivent être mobilisés en 2023, parallèlement au reliquat de 203 millions USD destiné au second volet du programme, axé sur l’électrification rurale.
Selon le rapport, l’apport des DTS a contribué à une hausse notable des dépenses en capital, passées de 0,3 % du PIB en 2020 à 1,1 % en 2021, puis à 1,8 % en 2022. Cette progression traduit un effort accru en matière d’investissements publics, notamment dans les infrastructures sociales de base.
Au-delà des montants engagés, le programme a mobilisé 112 petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que 41 agences locales d’exécution, principalement des ONG nationales.
Le contrôle des travaux a été confié à des firmes indépendantes et à des consultants individuels, avec l’appui technique des services compétents des ministères sectoriels.
L’utilisation des DTS s’inscrit dans un cadre conventionnel précis entre le Gouvernement et la Banque centrale du Congo, avec des mécanismes de traçabilité, de suivi et de reddition des comptes. Cet engagement répond aux exigences de transparence prises dans le cadre du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI.
À travers le PDL-145T, les autorités congolaises entendent faire des ressources exceptionnelles issues des DTS un levier de transformation locale, en ciblant prioritairement l’accès aux services sociaux de base et la réduction des inégalités territoriales.
Mitterrand MASAMUNA






















