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RDC : PDL-145T au Kasaï, aucun ouvrage livré par le PNUD sur 99 attendus

Dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 Territoires, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a mené une enquête sur sa mise en œuvre. Constat sur le terrain: le taux d’exécution de l’Agence PNUD dans la province du Kasaï est à zéro pourcent sur 99 ouvrages qui devaient être exécutés. Aussi, le délai qui était de 6 mois, est déjà dépassé. Le Coordonnateur de CREFDL l’a dit face à la presse le 16 mai 2025.
Devant les professionnels de médias, il a rendu public l’enquête intitulée « PDL-145 T : 672 millions USD du FMI, opportunité de développement ou enrichissement illicite ? ».
Cette mission de contrôle citoyen sur la mise en œuvre du Programme de Développement Local des 145 Territoires a duré sept mois grâce au soutien de « National Endowment For Democracy (NED) ».
En effet, la mission a consisté à effectuer une visite des ouvrages livrés par les Agences d’Exécution (CFEF et PNUD) au Gouvernement entre 2023 et 2024, notamment dans les provinces du Kongo Central, Kwango, Kwilu et le Kasaï.
L’équipe de CREFDL a ciblé vingt territoires et les enquêteurs se sont rendus dans onze territoires pour effectuer les visites des chantiers avec le concours des relais communautaires et une taskforce de dix points focaux. Au total, un échantillon de cent-neuf ouvrages a été visité.
La mission intervient après les deux premiers volets initiés entre 2022 et 2023 conformément aux prescrits du décret n° 22/37 du 29 octobre 2022, portant gouvernance budgétaire.
Pour Valéry Madianga, l’Etat doit organiser un audit non seulement sur les fonds alloués à ce programme mais aussi sur les fonds reversés au PNUD et au CFEF. Il propose que les fonds non utilisés soient récupérés pour redynamiser la Caisse nationale de péréquation qui aura comme priorité de renforcer les services qui sont décentralisés à travers le pays. En outre, il suggère que soit encadré le personnel administratif qui n’a pas de formation actuellement.
« Nous avons relevé qu’effectivement, le programme est en train d’être exécuté. Nous avons visité les infrastructures qui existent, mais il se dégage un écart important entre le coût estimé par les
agences d’exécution et la qualité des ouvrages. On estime, pour la majorité, autour de 200.000 dollars. Nous pensons que ça peut coûter moins que ça au regard de ce que nous avons visité. Nous pensons également que pour les écoles de 120 bancs, il n’est pas question qu’on puisse dépenser près de 30.000 dollars comme nous l’avons entendu. Nous pensons qu’il est possible d’équiper les écoles autour de 11.000 dollars. », a expliqué Valery Madianga.
CREFDL note que cette politique publique est exécutée au mépris des principes de développement local, même si son importance demeure incontestable. L’approche de gestion centralisée de ce programme viole les principes de libre administration des provinces consacrés par la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 portant principes
fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces et de l’autonomie de gestion des entités territoriales décentralisées en RDC prévue par la loi organique n°08/016 du 17 octobre 2008 portant composition, organisation, fonctionnement des ETD et leurs rapports avec l’Etat et les provinces.
Proposition concrètes
CREFDL suggère que l’action publique soit être orientée vers l’encadrement et la des entités territoriales décentralisées pour renforcer
l’administration locale en matière de gestion des projets d’investissements.
A travers un cycle budgétaire bien encadré, il est possible de proposer des programmes de développement locaux puis injecter les fonds afin d’obtenir les effets positifs.
L’organisation en appelle aux sanctions contre les mauvaises pratiques observées dans la mise en œuvre des programmes d’investissements publics.
Nadine FULA
























