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RDC : Tshisekedi engage une refondation stratégique et économique du secteur minier

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Le Président Félix Tshisekedi a dévoilé une restructuration en profondeur du secteur minier congolais, pierre angulaire de l’économie nationale et atout géostratégique majeur dans la transition énergétique mondiale. L’enjeu : reprendre le contrôle d’un secteur fragmenté, sous-valorisé et souvent capturé par des logiques spéculatives, afin d’en faire un véritable levier de développement.

L’État annonce avoir récupéré 30.000 périmètres miniers, jusque-là entre les mains d’acteurs peu actifs ou engagés dans des pratiques de rétention foncière. Cette opération marque une rupture avec les années d’opacité : elle vise à remettre sur le marché des concessions exploitables, à assainir le cadastre minier et à maximiser la valeur stratégique du sous-sol congolais.

En parallèle, le Gouvernement a réservé 36 000 km² à la recherche géologique, un investissement non pas matériel mais intellectuel, crucial dans un domaine où l’avantage comparatif se mesure désormais autant à la qualité des données qu’à l’abondance des minerais. L’objectif est d’améliorer la cartographie minérale pour attirer des investisseurs capables de déployer des technologies d’extraction modernes et conformes aux standards internationaux.

Autre tournant : l’instauration annoncée de quotas d’exportation sur le cobalt, dont la RDC demeure le premier producteur mondial. Ce mécanisme, inspiré de stratégies employées sur d’autres marchés critiques, vise à renforcer le pouvoir de négociation du pays, réduire les fluctuations imposées par les acheteurs étrangers et encourager la transformation locale, afin de capter davantage de valeur ajoutée industrielle.

La décision de classer Masisi et Kamas en « zones rouges » reflète une orientation sécuritaire assumée : protéger les ressources stratégiques, limiter l’exploitation illégale et empêcher l’enracinement d’économies parallèles qui fragilisent les recettes publiques.

Au cœur de cette refondation, Tshisekedi affiche une ambition claire : convertir la rente minière en moteur structurel de développement, capable de financer les infrastructures, d’alimenter la transition industrielle et d’augmenter les capacités budgétaires de l’État.

Pour les analystes, la récupération de 30.000 périmètres pourrait augmenter de 10 à 15 % l’offre minière réellement exploitable dans les prochaines années, tandis que les quotas sur le cobalt, s’ils sont appliqués avec rigueur, pourraient renforcer l’influence stratégique de la RDC sur un marché clé des batteries et des technologies vertes. Toutefois, ils soulignent que la réussite dépendra de deux conditions : une gouvernance exemplaire et une capacité de mise en œuvre rapide, sans quoi ces annonces pourraient rester symboliques plutôt que transformationnelles.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV