Afrique
RDC-Zambie : un corridor stratégique de 850 millions USD prend forme sur la Luapula

La République démocratique du Congo et la Zambie renforcent leur connexion routière avec le corridor Kasomeno-Mwenda, un projet transfrontalier évalué à 850 millions de dollars américains par son promoteur GED Africa. Cette nouvelle liaison doit faciliter l’acheminement des minerais et des marchandises vers le port tanzanien de Dar es Salaam.
Le projet comprend la construction et la modernisation d’environ 184 kilomètres de route entre Kasomeno, dans le Haut-Katanga, et Mwenda, en Zambie. Il prévoit également un poste frontalier à arrêt unique, des infrastructures de péage et un pont à haubans sur la rivière Luapula.
Les deux pays ont confié sa réalisation à GED Africa dans le cadre de concessions de partenariat public-privé d’une durée de 25 ans.
Le pont constitue la pièce centrale du corridor. Long d’environ 362 mètres selon les données techniques actualisées de l’Agence congolaise des grands travaux, (ACGT), il reliera les localités frontalières de Chalwe.
Les premières composantes métalliques destinées à son tablier ont été acheminées sur le chantier en juin 2026. Il s’agira du premier ouvrage à haubans construit en RDC.
Sur le plan logistique, le corridor offrira une solution de remplacement au poste de Kasumbalesa, régulièrement encombré par les camions transportant du cuivre, du cobalt, des intrants miniers et des produits de consommation. Il devrait raccourcir la liaison entre le bassin minier du Haut-Katanga et les axes conduisant à Dar es Salaam.
Les estimations publiques du gain de distance ne sont toutefois pas uniformes.
L’ACGT a évoqué près de 500 kilomètres en 2025, avant d’annoncer, en juillet 2026, une réduction d’environ 250 kilomètres pour le trafic à destination du port tanzanien. L’écart semble provenir des itinéraires de comparaison retenus.
Le chiffre de 850 millions de dollars correspond à l’enveloppe globale présentée par GED Africa pour l’ensemble du corridor. La composante congolaise Kasomeno-Kasenga-Chalwe avait, pour sa part, été évaluée à 252,4 millions de dollars par l’ACGT lors du lancement officiel des travaux.
Pour la RDC et la Zambie, les retombées attendues portent sur la réduction des coûts de transport, la fluidité des exportations minières, l’augmentation des recettes aux frontières et le développement des localités situées le long de la route.
Le prochain indicateur sera la mise en service coordonnée du pont, des tronçons routiers et du poste frontalier unique.
Flory MUSISWA
























