Connect with us

Economie

Inflation : les aides ciblées coûteraient jusqu’à 22 fois moins cher (Etude)

Published

on

Face à la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie, les gouvernements auraient intérêt à privilégier les aides ciblées plutôt que les subventions généralisées. C’est l’une des principales conclusions d’une analyse du Fonds monétaire international (FMI) publiée dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2026.

L’étude, basée sur des données couvrant 76 pays sur trente ans, montre que les transferts directs aux ménages modestes permettent généralement de mieux protéger les populations vulnérables tout en limitant les dépenses publiques.

Les subventions permettent de réduire rapidement les prix, mais leur coût pour les États peut être considérable.

Selon la Banque mondiale, il faut mobiliser trois à six fois plus de ressources avec des subventions à la consommation qu’avec des transferts ciblés pour obtenir une protection comparable des ménages pauvres.
L’écart est encore plus important pour les subventions à la production : elles pourraient coûter 14 à 22 fois plus cher que des aides directes aux revenus.

La crise énergétique européenne de 2022-2023 illustre cette difficulté. Pour chaque euro consacré à la limitation des prix de l’électricité, du gaz et de l’essence, moins de 20 centimes auraient bénéficié aux 20 % des ménages les plus pauvres.

Pour le FMI, les transferts directs présentent l’avantage de soutenir le pouvoir d’achat sans empêcher les prix de jouer leur rôle.

Les consommateurs restent ainsi incités à adapter leur consommation lorsque l’offre est limitée. L’institution recommande donc des aides temporaires, ciblées et adossées aux systèmes de protection sociale existants. Des mesures généralisées peuvent néanmoins être nécessaires en cas de crise alimentaire ou lorsque les bénéficiaires sont difficiles à identifier rapidement.

Au-delà de la lutte contre l’inflation, le choix entre subventions et aides ciblées constitue ainsi un enjeu majeur pour les finances publiques.

Dans un contexte de crises répétées, le FMI encourage les États à renforcer leurs systèmes de protection sociale afin de pouvoir intervenir rapidement et à moindre coût.

Olivier KAFORO

ZoomEco TV