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Economie

RDC : Cuivre et cobalt, des prix élevés mais des équilibres encore fragiles en 2026

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En 2025, le prix du cobalt a plus que doublé alors que celui du cuivre a augmenté de plus de 40 %.

Entre défis opérationnels et décisions politiques, des spécialistes estiment que l’équilibre entre l’offre et la demande devrait continuer à déterminer l’évolution des prix en 2026.

Des perspectives très suivies par la République Démocratique du Congo (RDC), un des leaders mondiaux dans la production des deux métaux.

Les prix du cuivre ont atteint de nouveaux records historiques en ce début d’année 2026, prolongeant une tendance haussière visible depuis 2025.

S’il n’a pas établi un pic inédit, le cours du cobalt a aussi connu une hausse très marquée ces derniers mois.

Entre demande soutenue et risques d’approvisionnement, les perspectives de prix pour ces métaux s’annoncent favorables pour la RDC, l’un des principaux exportateurs mondiaux.

Leader mondial dans la production de cobalt, avec plus de 70 % de l’offre globale, la RDC est aussi le deuxième producteur mondial de cuivre. A eux deux, le cuivre et le cobalt représentent plus de 90 % des exportations annuelles du pays, selon les données de la Banque centrale du Congo.

Un progrès, mais…

Les prix des deux métaux ont progressé en 2025, mais pour différentes raisons.

Alors que le cuivre a gagné plus de 40 %, le cours du cobalt a plus que doublé depuis l’année dernière, dépassant 56.000 dollars américains la tonne en janvier 2026.

Cette progression coïncide avec plusieurs mois d’embargo de la RDC, qui a décidé en février 2025, de suspendre les exportations pour réduire l’excédent sur le marché international.

Au cours des années précédentes, l’explosion de la production mondiale, portée aussi bien par l’Indonésie que le groupe chinois CMOC en RDC, a contribué à des surplus, affaiblissant les prix de ce métal stratégique pour les batteries des véhicules électriques.

Le prix du cobalt est ainsi passé d’un record de 82.000 USD la tonne en 2022 à un creux tout aussi historique d’environ 20.000 USD la tonne mi-février 2025, peu avant l’entrée en vigueur de l’embargo congolais.

Jusqu’à 96.000 tonnes

En octobre dernier, les autorités ont levé la suspension des exportations, remplacée par une politique de quotas pour les producteurs.

Pour 2026 et 2027, les quotas annuels prévus par Kinshasa sont de 96.600 tonnes, soit moins que les exportations congolaises de cobalt en 2024. Les premiers volumes de cobalt sont censés arriver en Chine, principale destination des exportations congolaises, d’ici la fin du premier trimestre.

Entre retards administratifs et possibilités d’ajustements des quotas, l’évolution des prix du cobalt en 2026 devrait rester largement tributaire des décisions en RDC. CMOC maintient ainsi ses prévisions de production de cobalt pour 2026, entre 100.000 et 120.000 tonnes, après une production record de 117 549 tonnes en 2025, alors que son quota d’exportation autorisé pour 2026 est, à ce stade, de 31.200 tonnes.

Selon les analystes de l’agence de reporting de prix Fastmarkets, l’arrivée de nouveaux volumes devrait réduire la tension sur le marché, avec une baisse des prix par rapport à leurs niveaux actuels, même s’ils anticipent un déficit d’offre de 10.700 tonnes cette année.

Si la RDC n’a pas imposé de restrictions sur ses exportations de cuivre en 2025, elle a joué, là aussi, un rôle dans la hausse des prix du métal rouge ces derniers mois. Un incident sismique survenu en mai au complexe Kamoa-Kakula, la plus grande mine du pays, a en effet contribué à alimenter les inquiétudes sur la disponibilité de l’offre.

Le complexe n’a effectivement pas atteint les objectifs initiaux de production de son opérateur Ivanhoe Mines, livrant 388.838 tonnes, contre une prévision initiale d’au moins 520.000 tonnes. Pour 2026, la compagnie prévoit une production maximale de 420.000.

La deuxième plus grande mine de cuivre au monde, Grasberg en Indonésie, a aussi été confrontée à un incident ayant entraîné une réduction des prévisions de production.

A cet approvisionnement mondial en baisse, il faut ajouter d’autres inquiétudes du marché sur d’éventuels droits de douane américains sur le cuivre raffiné, qui ont porté le contrat de référence (prix pour livraison dans trois mois) à plus de 13.407 dollars la tonne sur la bourse des métaux de Londres mi-janvier 2026, un seuil inédit.

Il faudrait noter que la demande de cuivre demeure élevée, stimulée notamment par les besoins croissants de l’intelligence artificielle (construction de datacenters) et des énergies renouvelables.

Malgré ces facteurs susceptibles de pousser davantage les prix du cuivre vers le haut, BMI et Goldman Sachs se montrent prudents.

Début janvier 2026, la filiale de Fitch a déclaré s’attendre à un prix moyen de 11.000 dollars la tonne en 2026, une prévision similaire à celle faite en décembre par les analystes de la banque américaine (10.000 à 11.000 dollars la tonne).

Si BMI rejoint l’International Copper Study Group (ICSG) sur l’hypothèse d’un déficit de l’offre en 2026, Goldman Sachs prévoit un marché à l’équilibre.

« Bien que notre excédent beaucoup plus modeste de 160 kt en 2026 rapproche le marché de l’équilibre, cela signifie que nous ne prévoyons pas de pénurie sur le marché mondial du cuivre dans un avenir proche », a déclaré Eoin Dinsmore, analyste chez Goldman Sachs.

Par ailleurs, si la RDC influence d’une certaine manière l’évolution des prix du cobalt, elle reste davantage dépendante de contraintes extérieures pour les prix du cuivre.

Dans les deux cas, les volumes exportés en 2026 seront déterminants pour les revenus d’exportations du pays.

Pour les neuf premiers mois de 2025, les statistiques du ministère des Mines montrent que les exportations congolaises de cuivre ont baissé de 17 % en glissement annuel.

Olivier KAFORO

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