Finance
RDC : de l’ICRG à la sortie de la liste grise du GAFI, voici le « quantum leap » opéré par le Gouvernement congolais

Quatre années de réformes, 23 mesures exécutées et dix rapports d’étape.
Le vendredi 30 octobre 2026, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement quitté la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), à l’issue de sa plénière tenue à Paris, en France.
Cette décision met fin à quatre années de surveillance renforcée et consacre les efforts du Gouvernement congolais pour restaurer la crédibilité financière internationale du pays.
Pour comprendre cette avancée, il faut remonter au 21 octobre 2022, lorsque la RDC intègre le processus ICRG, mécanisme d’examen de la coopération internationale du GAFI, après l’identification de plusieurs insuffisances dans son dispositif de lutte contre la criminalité financière.
Kinshasa s’engage alors à exécuter un plan de 23 mesures pour corriger ces défaillances.
En juin 2024, seules cinq mesures sont réalisées. Sous la coordination de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, et du Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, les dix-huit restantes seront exécutées jusqu’en juin 2026.
Le GAFI reconnaît alors l’achèvement substantiel du plan et autorise une mission d’évaluation à Kinshasa, organisée en septembre 2026, pour vérifier l’application effective des réformes.
Le verdict intervient le 30 octobre : la RDC quitte officiellement la liste grise.
Cette progression repose sur des résultats mesurables.
Selon le ministère des Finances, entre 2022 et décembre 2025, environ 540 contrôles ont été effectués par les autorités de supervision, notamment la CENAREF, l’ARCA et la Banque Centrale du Congo (BCC).
Sur 246 enquêtes menées, les autorités judiciaires ont engagé près de 100 poursuites, tandis que 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle ont été enregistrées, pour un montant global estimé à 46,75 millions USD.
Ces résultats illustrent le renforcement des capacités nationales de prévention, de détection et de répression des infractions financières.
La Banque Centrale du Congo a également contribué à cette dynamique.
Sous la conduite d’André Wameso, elle poursuit notamment le renforcement de la supervision bancaire fondée sur les risques, la modernisation des contrôles et l’amélioration des mécanismes de surveillance des transactions financières.
Sur le plan monétaire, la BCC a maintenu son taux directeur à 12,5 % le 8 octobre 2026, tandis que les réserves internationales atteignaient 7,8 milliards USD au 29 septembre.
Ces indicateurs, distincts des exigences du GAFI, témoignent des efforts engagés pour préserver la stabilité macroéconomique.
Pour Doudou Fwamba, cette décision constitue « une étape majeure pour l’intégrité du système financier et la crédibilité financière internationale » de la RDC.
La portée de cette réussite mérite une lecture économique et institutionnelle plus approfondie.
En quatre années, le Gouvernement congolais a réussi à transformer des engagements réglementaires en résultats opérationnels, soumis à une vérification internationale.
Ce « quantum leap » témoigne d’une capacité de coordination institutionnelle qui mérite d’être soulignée.
Sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, plusieurs administrations ont travaillé autour d’un objectif commun, malgré les contraintes sécuritaires et économiques du pays.
Pour une économie fortement tributaire des capitaux extérieurs, cette reconnaissance constitue un argument supplémentaire auprès des banques correspondantes, des investisseurs et des bailleurs internationaux. Elle pourrait faciliter les paiements transfrontaliers, renforcer la confiance bancaire et améliorer les perspectives de financement des secteurs productifs.
La réussite du Gouvernement réside donc autant dans la sortie de la liste grise que dans la méthode ayant permis d’y parvenir. Car la crédibilité financière ne se décrète pas. Elle se construit par des réformes, se démontre par des résultats et se consolide par la constance des institutions.
C’est précisément cette trajectoire que vient reconnaître le GAFI, ouvrant ainsi une nouvelle perspective pour le positionnement financier international de la RDC.
Flory MUSISWA







