Monde
Monde : Amazon mise sur 5.105 satellites pour connecter les smartphones et accélère son expansion en Afrique

Amazon accélère ses ambitions dans l’industrie spatiale.
Le groupe américain a déposé auprès de la Fédéral Communications Commission (FCC) une demande d’autorisation pour déployer jusqu’à 5.105 satellites en orbite basse afin de fournir une connectivité directe aux smartphones et autres appareils mobiles. Une initiative qui marque un tournant dans sa stratégie spatiale et qui pourrait contribuer à réduire la fracture numérique, notamment en Afrique.
Le futur service, dont le lancement est envisagé à partir de 2028, permettra d’offrir des appels vocaux, des messages, des services de données ainsi que des communications d’urgence dans les zones non couvertes par les réseaux cellulaires classiques.
Cette nouvelle constellation viendra compléter le réseau Amazon Leo, jusqu’à présent centré sur l’accès fixe à Internet par satellite.
Pour accélérer son déploiement, Amazon entend s’appuyer sur des partenariats avec les opérateurs de télécommunications afin d’étendre leur couverture au-delà des infrastructures terrestres.
Le groupe prévoit également d’utiliser les fréquences et certains actifs de Globalstar, dont l’acquisition annoncée pour 11,6 milliards de dollars doit encore recevoir les autorisations réglementaires.
Le continent africain apparaît comme l’un des principaux marchés de développement de cette technologie. Les vastes zones rurales, le coût élevé des infrastructures terrestres et les faibles taux de couverture dans plusieurs pays offrent un potentiel important pour les solutions satellitaires.
Amazon a déjà posé les premiers jalons de cette stratégie. En Afrique du Sud, l’entreprise a conclu un partenariat avec Herotel afin de commercialiser, dès 2027, des services de connectivité satellitaire destinés aux ménages et aux petites entreprises situés dans les zones éloignées des réseaux fixes.
Le groupe collabore également avec Vanu pour renforcer la couverture mobile dans les zones rurales d’Afrique australe.
Selon Amazon, près de 40 % de la population de cette région ne bénéficie toujours pas d’une connectivité fiable. Une étude commandée par l’entreprise estime par ailleurs que les constellations de satellites non géostationnaires pourraient générer jusqu’à 16,9 milliards de dollars de bénéfices économiques par an dans cette partie du continent, grâce notamment à l’amélioration de l’accès aux services numériques, à l’éducation, à la santé et aux activités économiques.
Contrairement à une approche consistant à développer seul son réseau commercial, Amazon privilégie l’intégration de son infrastructure satellitaire avec les réseaux des opérateurs locaux.
Cette stratégie vise à étendre rapidement la couverture mobile dans les zones les moins desservies tout en limitant les investissements dans de nouvelles infrastructures terrestres.
Avec la technologie de connexion directe aux smartphones, les utilisateurs pourront accéder au réseau satellitaire sans antenne spécifique, sous réserve que leurs appareils soient compatibles et que les autorités nationales autorisent ce type de service. Le dispositif est conçu comme un complément aux réseaux mobiles existants afin d’améliorer la continuité de la couverture.
Cette initiative renforce la compétition sur le marché de la connectivité directe par satellite, où SpaceX, avec Starlink, conserve une avance grâce à l’ampleur de sa constellation et à son déploiement commercial. D’autres acteurs, notamment AST SpaceMobile et Lynk Global, développent également des solutions similaires.
Pour l’Afrique, cette concurrence pourrait accélérer les investissements dans les infrastructures spatiales et élargir les solutions disponibles pour connecter les populations vivant dans les zones encore isolées.
En multipliant les partenariats avec les opérateurs locaux, Amazon affiche son ambition de devenir un acteur majeur de la transformation numérique du continent tout en renforçant la résilience des réseaux de télécommunications.
AGNES KAYEMBE























