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RDC : Acacia Bandubola lance la première Banque nationale de données pétrolières et gazières

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La République démocratique du Congo renforce les outils de gestion de son secteur des hydrocarbures.

La Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a inauguré, le jeudi 2 juillet 2026 à Kinshasa, la première Banque nationale de données pétrolières et gazières.

Cette infrastructure numérique vise à centraliser, sécuriser et valoriser les données techniques du pays afin d’améliorer la gouvernance du secteur et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs.

Le nouveau centre est équipé de trois serveurs d’une capacité totale de 15 000 gigaoctets dédiés à l’amont pétrolier, d’un serveur consacré à l’aval, d’un système complet de sauvegarde, d’une station de travail destinée à l’analyse et à l’interprétation des données géoscientifiques, ainsi que de plusieurs équipements informatiques destinés aux travaux techniques.

Pour le conseiller Ricky Mualaba Kalenga, cette réalisation ouvre « une nouvelle ère de gestion numérique des données pétrolières ». Il a précisé que « cette inauguration n’est pas une fin en soi », annonçant la poursuite des opérations de digitalisation, de vectorisation, d’intégration et d’enrichissement des données historiques du secteur.

Il a également salué le leadership d’Acacia Bandubola Mbongo.

« L’histoire retiendra que c’est sous votre impulsion que le ministère des Hydrocarbures s’est doté, pour la première fois, d’une banque nationale de données répondant aux exigences actuelles de conservation, de sécurisation et de valorisation de nos données stratégiques », a-t-il déclaré.

Cette infrastructure répond à une faiblesse longtemps identifiée dans le secteur.

Pendant plusieurs décennies, les données géologiques, sismiques et de forage étaient conservées sur des supports dispersés, compliquant leur exploitation, leur sécurisation et leur mise à disposition lors des campagnes de promotion des blocs pétroliers.

Les spécialistes considèrent aujourd’hui qu’une Banque nationale de données est un maillon essentiel de la chaîne de valeur pétrolière.

Dans un document de référence consacré aux National Data Repositories (NDR), l’International Association of Oil & Gas Producers (IOGP) explique que ces plateformes permettent de préserver durablement les données techniques, de réduire les délais d’accès à l’information, d’éviter la répétition coûteuse des campagnes d’acquisition de données et d’améliorer l’évaluation des blocs pétroliers proposés aux investisseurs.

Ces systèmes contribuent également à renforcer la transparence et la qualité des décisions d’investissement.

L’un des exemples les plus cités est celui de la Norvège, pays d’Europe du Nord reconnu pour la qualité de sa gouvernance pétrolière.

Depuis 1995, le Norwegian Offshore Directorate pilote DISKOS, une banque nationale de données qui centralise les informations géologiques, géophysiques et de forage du plateau continental norvégien.

Ce système est devenu une référence internationale en facilitant le partage sécurisé des données entre l’État et les compagnies pétrolières, tout en réduisant les coûts d’exploration et les délais de préparation des projets.

Pour les économistes des ressources naturelles, la valeur d’un bassin pétrolier ne dépend plus uniquement de son potentiel géologique. Elle repose également sur la qualité des données disponibles, leur niveau de sécurisation et la rapidité avec laquelle elles peuvent être exploitées.

En se dotant de sa première Banque nationale de données pétrolières et gazières, la RDC cherche ainsi à transformer son patrimoine informationnel en un actif stratégique, capable de réduire l’incertitude des investisseurs, d’améliorer la valorisation de ses ressources et de soutenir le développement de son industrie pétrolière sur le long terme.

Flory MUSISWA

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