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RDC : Le marquage moléculaire des carburants, une stratégie de renforcement des recettes pétrolières

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à un défi majeur dans la lutte contre la fraude dans le secteur des hydrocarbures.
L’ampleur de la contrebande a entraîné d’importantes pertes fiscales, incitant le Gouvernement à adopter une réforme technologique novatrice : le marquage moléculaire des produits pétroliers.
Cette initiative, présentée comme un outil stratégique, vise à assainir la chaîne d’approvisionnement en carburant et à renforcer les recettes de l’État.
Le programme, mis en œuvre par MAMO RDC SARL en partenariat avec la société américaine Authentix Inc., intègre des traceurs chimiques invisibles permettant de garantir la traçabilité des produits pétroliers.
Ce mécanisme est essentiel pour identifier l’origine et le parcours de chaque carburant sur le marché, ce qui constitue un pas décisif vers une meilleure gouvernance du secteur.
Les résultats initiaux de cette réforme sont prometteurs. Selon des données récentes, le Gouvernement congolais a enregistré une augmentation de plus de 1.700 % de ses recettes pétrolières en 2025, un chiffre qui illustre l’ampleur des pertes fiscales auparavant liées aux circuits illicites de distribution de carburant.
La situation met en lumière l’importance de la technologie dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.
D’un point de vue économique, le marquage moléculaire permet une surveillance efficace des produits pétroliers tout au long de la chaîne logistique, des points d’importation aux stations-service. Cette traçabilité facilite l’identification des carburants frauduleux, des mélanges non conformes et des détournements de produits subventionnés, renforçant ainsi la sécurité des recettes fiscales.
Pour les autorités fiscales, cet outil représente une avancée significative dans la lutte contre l’évasion fiscale et la contrebande.
En améliorant la traçabilité des carburants, l’État peut mieux sécuriser la perception des taxes et des droits d’accise associés aux produits pétroliers, contribuant ainsi à la consolidation de ses finances publiques.
MAMO RDC, entreprise congolaise de premier plan, a également joué un rôle clé en créant 158 emplois directs, tout en générant plusieurs emplois indirects grâce à ses partenaires. Cette contribution au développement économique local renforce son statut de partenaire technique du Gouvernement dans la modernisation des mécanismes de contrôle du secteur pétrolier.
Il convient également de noter que la RDC n’est pas seule dans cette démarche. D’autres pays africains, tels que l’Ouganda et la Tanzanie, ont également mis en place des systèmes de marquage pétrolier afin de renforcer leur gouvernance énergétique et d’améliorer la collecte des recettes fiscales.
Le déploiement du programme en RDC s’est effectué en plusieurs phases, avec l’introduction de tests rapides de détection des carburants frauduleux à Bukavu et un renforcement des contrôles à Lubumbashi. Ces étapes témoignent de la volonté du Gouvernement de s’attaquer de manière proactive aux défis posés par la fraude dans le secteur pétrolier.
En conclusion, dans un contexte où la sécurisation des recettes publiques est essentielle pour l’économie nationale, le marquage moléculaire émerge comme un levier technologique clé pour renforcer la gouvernance du secteur pétrolier congolais.
Les résultats obtenus jusqu’à présent ouvrent la voie à une transformation significative du paysage énergétique en RDC, offrant des perspectives encourageantes pour l’avenir économique du pays.
Olivier KAFORO
























