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RDC : La conservation archaïque des archives judiciaires souligne l’urgence d’une transformation numérique

Les archives du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa Matete, au cœur de la capitale congolaise, sont conservées dans des conditions précaires, a constaté, le lundi 20 octobre 2025, le Ministre d’État à la Justice, M. Guillaume Ngefa.
Empilés à même le sol, ces documents sensibles sont exposés à la poussière, à l’humidité et à une détérioration irréversible.
« Les archives ici datent de plusieurs décennies maintenant. La plus grosse difficulté, c’est l’espace pour conserver les archives et l’absence d’étagères métalliques. Sans cache-nez, il n’est pas possible de travailler à cause de la poussière. La salle est mal aérée. Les archives ne sont pas numérisées. Pour trouver un dossier, il faut du temps (…) et cela dépend du dossier. », explique Cady Ipondo, greffier au greffe d’archives du Tribunal.

Cette réalité dépasse le cadre logistique : elle freine l’efficacité judiciaire et affaiblit la confiance des justiciables. L’absence de numérisation multiplie les pertes de temps, fragilise la traçabilité et expose à des risques de corruption.
Dans un État de droit, la maîtrise de l’information judiciaire est un pilier de transparence et de bonne gouvernance.
Ce constat renforce la nécessité pour République Démocratique du Congo d’accélérer l’exécution de sa feuille de route numérique.
Depuis 2019, le pays structure son écosystème digital autour de quatre piliers : infrastructures, services publics numériques, inclusion et cybersécurité, complétés par cinq axes transversaux (entrepreneuriat, innovation, souveraineté technologique, IA et partenariats stratégiques). Un milliard de dollars d’investissement public sur cinq ans est prévu, plus 500 millions USD d’appuis extérieurs.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité du Plan national du numérique Horizon 2025, qui a déjà permis d’améliorer la connectivité (fibre optique, CAB5), d’introduire l’e-gouvernement (portail des impôts, guichet unique), de numériser l’état civil et de lancer un système d’identification numérique.
Selon GSMA, le numérique pourrait générer 4,1 milliards USD d’ici 2029 en dynamisant des secteurs clés comme l’agriculture, l’industrie ou la santé.

Adopter pleinement cette transformation renforcerait la transparence, la compétitivité et la confiance citoyenne.
Pour la justice congolaise, la numérisation est donc une urgence stratégique et un marqueur de modernité institutionnelle.
Flory MUSISWA






















