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RDC : L’ARE, pivot stratégique de la réforme du marché électrique

La remise et reprise à l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE) entre la nouvelle Directrice générale, Soraya Aziz-Moto, et la Directrice générale sortante, Sandrine Ngalula Mubenga, ce mardi 3 mars 2026, marque une séquence déterminante dans la structuration du marché énergétique congolais.
Au-delà d’un changement d’équipe dirigeante, cet événement s’inscrit dans la dynamique de transformation économique impulsée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, visant à faire de l’électricité un moteur de croissance durable.
L’électricité, socle de la compétitivité nationale
Dans toute économie moderne, l’énergie constitue un facteur structurant de productivité.
Pour la République Démocratique du Congo, dotée d’un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants au monde, l’enjeu n’est plus tant la disponibilité théorique de la ressource que la capacité institutionnelle à organiser son exploitation de manière efficiente.
L’accès à une électricité fiable et abordable conditionne la relance industrielle ; la transformation locale des matières premières ; l’essor des PME ; l’attractivité des investissements directs étrangers.
Sans un cadre réglementaire stable et prévisible, ces ambitions demeurent fragiles. C’est précisément à ce niveau qu’intervient l’ARE.
La régulation comme instrument de confiance économique
Dans un marché en cours d’ouverture à de nouveaux opérateurs, la régulation joue un rôle central de garant de l’équilibre concurrentiel.
L’ARE doit assurer la transparence tarifaire ; la protection des consommateurs ; la sécurisation juridique des investissements ; et la prévention des situations de monopole ou de rente.
Une régulation crédible réduit la perception du risque pays dans le secteur énergétique. Or, la réduction du risque est directement corrélée au coût du capital. Plus le cadre réglementaire est stable, plus le financement des infrastructures devient accessible à des conditions compétitives.
Ainsi, la performance de l’ARE ne se mesurera pas uniquement en actes administratifs, mais en indicateurs économiques tangibles : augmentation des capacités installées, amélioration du taux d’accès à l’électricité, baisse des interruptions de service et mobilisation accrue des capitaux privés.
Un marché en mutation : entre ouverture et encadrement
La réforme énergétique congolaise repose sur un équilibre délicat : encourager l’entrée de nouveaux producteurs tout en maintenant la cohérence du système électrique national.
Une ouverture mal maîtrisée pourrait entraîner une fragmentation territoriale du service ; des disparités tarifaires ; une concentration des investissements dans les zones à forte rentabilité.
Le rôle de l’ARE sera donc d’orchestrer cette transition vers un marché plus compétitif, tout en préservant l’équité territoriale et l’intérêt général.

Impact macroéconomique attendu
À moyen terme, une régulation efficace du secteur électrique peut générer des effets multiplicateurs significatifs :
1.Accélération de la croissance industrielle, notamment dans les secteurs minier et manufacturier.
2.Création d’emplois directs et indirects liés aux projets de production, de transport et de distribution.
3.Amélioration du climat des affaires, facteur clé dans les classements internationaux.
4.Réduction des coûts logistiques et opérationnels pour les entreprises.
L’électricité devient ainsi non seulement un service public, mais un véritable actif stratégique au service de la souveraineté économique.
Vers une maturité institutionnelle
La nouvelle équipe dirigeante de l’ARE hérite d’une institution désormais installée, appelée à entrer dans une phase de maturité opérationnelle. La priorité ne sera plus la construction institutionnelle, mais la performance mesurable.
Dans ce contexte, le Ministère des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité, sous la conduite de Aimé Sakombi Molendo, entend consolider l’alignement entre vision stratégique gouvernementale et indépendance fonctionnelle du régulateur.
L’avenir énergétique de la RDC se jouera autant dans les barrages que dans les textes réglementaires. Une régulation forte, transparente et orientée vers les résultats constitue la clé de voûte d’un secteur électrique capable de soutenir la transformation structurelle de l’économie congolaise.
L’ARE n’est pas seulement une autorité administrative ; elle est un levier de compétitivité nationale.
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