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RDC: L’or, pilier stratégique de la BCC à l’horizon 2026

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Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) fait face à des défis sécuritaires persistants dans sa partie orientale, la Banque Centrale du Congo (BCC) affirme une orientation stratégique claire : faire de l’or un levier central de diversification des réserves nationales dès 2026. Une priorité assumée, ce jeudi 8 janvier 2026, par le Gouverneur de la BCC, André Wameso, qui s’inscrit dans une dynamique mondiale observée au sein de nombreuses banques centrales.

« La constitution de réserves en or monétaire figure désormais parmi les axes majeurs de la stratégie de la Banque centrale du Congo. Cette démarche vise à réduire la dépendance aux devises étrangères tout en renforçant la résilience financière du pays face aux chocs extérieurs. Nous sommes engagés dans ce processus et nous allons le concrétiser au cours de l’année 2026. », a rappelé le Gouverneur André Wameso, soulignant que cette orientation s’aligne sur une tendance globale où l’or retrouve son statut de valeur refuge au sein des réserves officielles.

Pour la République Démocratique du Congo, pays producteur d’or, cette stratégie revêt une dimension à la fois économique et structurelle. L’utilisation de la production nationale, y compris l’or issu de l’exploitation artisanale, permettrait à la BCC de valoriser une ressource locale tout en renforçant la souveraineté monétaire.

Au-delà de son rôle financier, l’or est également envisagé comme un instrument de gouvernance.

L’intégration de l’or artisanal dans les réserves officielles contribuerait à améliorer la traçabilité de ce minerai, souvent cité parmi les facteurs alimentant les conflits dans l’Est du pays.

Cette approche vise à assainir les circuits de commercialisation, réduire les flux illicites et limiter l’exploitation informelle qui finance l’insécurité.

En ce sens, la politique monétaire rejoint les enjeux de paix et de stabilité, dans une logique où la régulation économique participe à la résolution des crises structurelles.

En misant sur l’or comme actif stratégique, la Banque Centrale du Congo cherche à renforcer à la fois la solidité de ses réserves, la transparence du secteur minier et la stabilité macroéconomique.

À l’horizon 2026, cette politique pourrait marquer un tournant décisif, où une ressource historiquement associée aux tensions deviendrait un vecteur de confiance, de souveraineté et de paix durable.

Interrogé sur l’impact de la guerre sur les finances publiques et la croissance, le Gouverneur de la BCC a adopté une position prudente mais résolument optimiste.

« Selon les estimations disponibles, les zones actuellement affectées par le conflit représenteraient environ 6 % du PIB national. Une part significative, mais qui n’a pas, jusqu’à présent, provoqué un effondrement de la croissance globale. Si nous parvenons à récupérer ces 6 %, nous pourrions enregistrer une année 2026 encore meilleure. », a-t-il affirmé, refusant toute lecture excessivement pessimiste des projections économiques.

Cette confiance repose notamment sur l’attention diplomatique sans précédent portée à la crise congolaise et sur la conviction que la paix demeure une nécessité vitale pour la survie du pays.

AGNES KAYEMBE

ZoomEco TV