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SEF 2025 : Fintech, une révolution encore incomplète

Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies et la recherche d’inclusion financière, la finance digitale s’impose comme une véritable transformation structurelle. Elle redéfinit la manière dont les individus, les entreprises et les institutions interagissent avec l’argent, bouleversant les habitudes, repensant les services et élargissant les possibilités économiques. Encore faut-il bien en comprendre les contours, les enjeux, et les défis qui freinent son adoption à grande échelle.
Réunis autour du panel : « L’avenir de la finance digitale en RDC : Perspectives, Défis et stratégies de résilience dans un contexte de conflit », animé le vendredi 8 mai 2025, par Anicet Kabasele, responsable de l’e-business chez Ecobank, plusieurs acteurs ont partagé leur vision de la finance digitale et ses perspectives d’avenir. L’objectif étant de vulgariser un concept encore flou pour certains, mais déjà incontournable dans les usages quotidiens.
Qu’est-ce que la finance digitale ?
La finance digitale désigne l’ensemble des services financiers rendus accessibles par des moyens numériques. Elle va bien au-delà du simple fait d’avoir un compte bancaire en ligne : elle englobe les paiements mobiles, les portefeuilles électroniques, les plateformes de prêt peer-to-peer, les services bancaires via applications, les cryptomonnaies ou encore les solutions de micro-assurance connectée.
Son objectif principal est de simplifier, accélérer et sécuriser les opérations financières, tout en réduisant la dépendance aux infrastructures physiques traditionnelles comme les agences ou les guichets.
Le principe fondamental de la finance digitale repose sur la dématérialisation. Cela signifie que les échanges de valeur, qu’il s’agisse de paiements, d’envois d’argent, de crédits ou d’investissements, se font par voie électronique, souvent via un téléphone mobile, outil aujourd’hui omniprésent même dans les zones reculées.
Ainsi, dans des régions où les banques sont absentes ou peu accessibles, la finance digitale permet de contourner les barrières géographiques et de démocratiser l’accès aux services financiers essentiels.
Pour Anicet Kabasele, responsable e-business chez Ecobank, « cette digitalisation représente une formidable opportunité pour repenser l’inclusion financière à l’échelle continentale ».
Une dynamique soutenue par l’innovation
De nombreuses entreprises, banques et start-up (souvent appelées FinTech) ont investi le terrain pour proposer des solutions innovantes adaptées aux réalités locales. Les paiements sans contact, les transferts d’argent instantanés via mobile, ou encore les plateformes d’épargne automatisée sont devenus monnaie courante dans certains pays africains. Cette évolution a aussi favorisé l’émergence d’un nouvel écosystème économique, où les petits commerçants, les agriculteurs et les travailleurs informels peuvent désormais accéder à des services autrefois réservés à une minorité.
« Aujourd’hui, je peux envoyer de l’argent à n’importe quelle manière même dans un village reculé sans me déplacer », témoigne Arsène Tungali, un panéliste présent à la tribune.
Cet exemple illustre bien l’impact concret de la finance digitale sur la vie quotidienne.
Une révolution encore incomplète
Si les avancées sont considérables, la finance digitale n’est pas exempte de défis.
Plusieurs obstacles structurels et sociaux limitent encore son plein essor.
1. L’analphabétisme numérique : Une grande partie de la population ne maîtrise ni la lecture ni l’usage des outils technologiques. Or, même les applications les plus simples nécessitent une compréhension minimale de l’interface numérique.
2. Le faible taux de bancarisation : Beaucoup de citoyens n’ont pas de compte bancaire, ce qui les empêche d’accéder à certains services digitaux avancés. Bien que les portefeuilles mobiles aient permis d’élargir l’accès, ils ne remplacent pas entièrement un compte bancaire pour certaines opérations plus complexes.
3. L’accès inégal à Internet : Dans plusieurs zones rurales, la couverture réseau reste faible ou instable. Cette fracture numérique freine considérablement l’usage fluide des plateformes digitales.
4. Les risques de cybersécurité : La multiplication des applications financières s’accompagne d’un accroissement des tentatives de fraude et de cyberattaques. Le manque de sensibilisation à ces risques expose de nombreux utilisateurs à des pertes financières et à des violations de données.
5. La méfiance et la culture du cash : Enfin, dans certaines sociétés, l’usage du cash reste culturellement ancré. La confiance dans les systèmes digitaux est encore en construction.
Vers une adoption responsable et inclusive
Les experts soulignent que pour que la finance digitale tienne toutes ses promesses, il est crucial d’investir dans l’éducation financière et numérique, de renforcer les infrastructures (réseau Internet, sécurité des données), et de concevoir des interfaces simples, accessibles aux plus vulnérables.
En résumé, la finance digitale est bien plus qu’un outil de modernisation : c’est un levier d’inclusion, un accélérateur d’opportunités économiques, mais aussi un secteur qui appelle vigilance et pédagogie. Elle gagnera sa légitimité dans sa capacité à ne laisser personne de côté, à condition de résoudre les défis clés qui entravent encore son adoption à grande échelle, avance un expert de la fintech joint par zoom-co.net.
Flory MUSISWA
























