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Jean Louis Kayembe : « l’appréciation du franc congolais est consécutive à des mesures d’encadrement de la Banque centrale du Congo »

La Banque centrale du Congo (BCC) a pris de mesures d’encadrement dont les résultats ont conduit, depuis le week-end dernier, à une appréciation du franc congolais face au dollar américain sur le marché de change. Cette affirmation est du directeur général de cette institution en charge des opérations et la politique monétaire, Jean Louis Kayembe.
Dans une interview exclusive accordée à Zoom Eco, ce haut cadre de la BCC a identifié ces mesures d’encadrement. Il s’agit entre autres de mesures budgétaires, de mesures d’ordre monétaire, de mesures en rapport avec la politique de communication de la BCC pour notamment contrer la spéculation de certains cambistes.
Primo, de mesures budgétaires. Le Gouvernement a décidé, depuis le mois de mai, de ne plus solliciter les avances monétaires en devises auprès de la Banque centrale pour financer ses déficits du trésor. D’où, le respect de la gestion sur base caisse visant à ne dépenser qu’en fonction de la hauteur des recettes publiques disponibles.
Cette forte décision, soutient Jean-Louis Kayembe, a permis de contenir l’expansion de liquidité qui exerce une pression sur la demande de devises. Car, le pays a toujours fait face à un choc permanent de la liquidité intérieure qui met l’économie en surliquidité.
Secundo, mesures d’ordre monétaire. Il s’agit ici des instruments de la BCC qui ont promis de ponctionner 157 milliards de francs congolais, à travers les bons BCC. A cela s’ajoute la politique de change pour conforter l’offre de devises. Comme le choc est venu de l’extérieur, la Rd Congo a été affectée par cela.
« Les exportations ont baissé de 34% et la pression des importations a connu une baisse de 33%. Il y a donc moins de rentrée de devises en économie cette année par rapport à l’année dernière. Conséquence, réduction de l’offre de devises sur le marché de changes et en réponses à cette baisse de devises, la BCC garant de la stabilité de la monnaie a intervenu sur le marché en vendant 25 millions (une intervention directe) à cela il faut ajouter de swap et de paiement en devises qui ont été accélérés pour conforter l’offre de devises », a expliqué Jean-Louis Kayembe.
La BCC s’apprête à intervenir sur le marché de change ce mercredi 05 août 2020. Cet effet d’annonce a créé une certaine rareté de franc congolais sur le marché depuis ce week-end. Cela a stoppé la dépréciation du franc congolais et a ainsi accéléré l’appréciation de la monnaie locale.
Tertio, des mesures en rapport avec la politique de communication de la BCC. Des réunions ont été tenu avec les cambistes et les responsables de trésorerie de banques commerciales pour les sensibiliser et porter à leur connaissance toutes les mesures levées par le Gouvernement.
« Toutes ces communications ont permis de combler le déficit en terme d’informations et de pourvoir la solution au problème d’asymétrie d’informations de tous les acteurs du marché pour qu’ils soient mis au parfum par rapport à l’offre et la demande du franc congolais et de la devise », a précisé le directeur général de la BCC.
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Dans la mise en oeuvre de ces mesures, il a été observée une certaine dose de spéculation due à la panique qui a conduit certains changeurs de monnaies à afficher un taux de 1 500 CDF le dollar américain, créant ainsi un écart entre le taux acheteur et le taux vendeur alors que la BCC a clôturé la journée du lundi 3 août avec un taux de 1 977 CDF pour 1 USD. Ce taux étant indicatif, le taux moyen s’est changé à 1 800 CDF le dollar américain.
D’après Jean Louis Kayembe, cette spéculation tend à s’estomper et tout concourt à un cheminement vers un certain équilibre autour de 1 800 CDF et 1 900 CDF pour 1 USD.
« Il faut souligner que la Rd Congo est dans un régime flottant. Le taux de change est donc déterminé par les forces du marché. Donc, ce taux subit la loi de l’offre et de la demande », a – t – il rappelé.
Dans l’espoir que cette appréciation du franc congolais se consolide dans les prochains jours, le directeur général de la Banque centrale du Congo (BCC) en appelle à la prudence pour pérenniser les acquis de toutes ces mesures.
Nadine FULA


















