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Finance

RDC : 36% d’internautes, 34% de mobile money, le défi d’une fiscalité adaptée

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En marge des États Généraux des PTNTIC, le Ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a présenté les nouvelles orientations du Gouvernement en matière de fiscalité du numérique. Une réforme pensée pour concilier mobilisation des recettes publiques et soutien à un secteur encore en construction.

Une fiscalité à calibrer dans un écosystème fragile

L’approche gouvernementale repose sur une clarification des règles fiscales afin de réduire l’incertitude réglementaire, souvent perçue comme un frein à l’investissement. Une attention particulière est portée aux services financiers numériques, notamment le mobile money, dont la contribution fiscale devrait être mieux structurée.

Mais derrière cette volonté d’optimisation fiscale, les fondamentaux du marché appellent à la prudence.

Connectivité : un accès encore limité en qualité

Selon le Ministre des Télécommunications Augustin Kibassa Maliba, la République démocratique du Congo compte environ :

– 36 millions d’internautes, soit 36 % de la population;
– 20 % seulement avec un accès au haut débit;
– 45 % de taux de pénétration global.

Autrement dit, si près d’un congolais sur deux peut accéder à Internet, seul un sur cinq bénéficie d’une connexion de qualité suffisante pour des usages productifs.

Une économie numérique encore peu productive

La structure des usages révèle un déséquilibre :
les connexions sont majoritairement orientées vers les réseaux sociaux, avec une faible adoption du commerce électronique,
des services administratifs numériques, et
des plateformes professionnelles.

Résultat : le numérique progresse en volume, mais pas encore en valeur.

Mobile money : inclusion forte, valeur encore limitée.

Avec 34 millions de comptes actifs, le mobile money constitue le segment le plus dynamique. Il dépasse largement la bancarisation classique et confirme le rôle central du téléphone dans l’accès aux services financiers.

Cependant, cette croissance repose davantage sur l’inclusion financière que sur une véritable industrialisation de l’économie numérique.

Un marché télécoms concurrentiel mais concentré

D’après l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo, la RDC compte :

– 59,7 millions d’abonnés mobiles;
– 30,7 millions d’utilisateurs d’internet mobile (31 % de la population).

Le marché est dominé par :

– Vodacom Congo (36,78 % des abonnés);
– Airtel RDC (28,79 %);
– Orange RDC (28,33 %).

Fait notable : Airtel domine en revenus, signe d’une concurrence désormais orientée vers la valeur plutôt que le volume.

Un retard relatif à l’échelle internationale

Les comparaisons avec les standards internationaux sont éclairantes : OCDE,
Banque mondiale,
Forum économique mondial.

Dans les économies avancées :

– +85 % de connectivité;
– 60 à 80 % d’entreprises digitalisées;
– +2 % du PIB en R&D.

En Afrique :

– ~45 % de connectivité;
– 20 à 30 % de digitalisation des entreprises;
– 0,3 à 0,5 % de R&D.

La RDC se situe dans la moyenne continentale, mais avec un écart persistant entre accès et usage productif.

Fiscalité vs développement : un équilibre délicat

Plusieurs experts mettent en garde :
une pression fiscale accrue dans un écosystème encore immature pourrait :

– ralentir l’adoption des services numériques;
– décourager les investissements;
– freiner l’innovation.

Le principal enjeu reste donc l’amélioration des performances structurelles :

– qualité des infrastructures;
– coût d’accès à Internet;
– intensité des usages;
– digitalisation des entreprises.

Une stratégie nationale ambitieuse à l’horizon 2030

En parallèle, le Gouvernement déploie une vision plus large à travers le Plan national du numérique 2026-2030, qui prévoit :

– 1 milliard USD d’investissements publics;
– 500 millions USD de financements extérieurs;
– développement des infrastructures;
– digitalisation des services publics;
– formation du capital humain;
– renforcement de la cybersécurité.

Une académie dédiée à l’intelligence artificielle est également annoncée.

Analyse : le vrai défi, passer de l’accès à la productivité

Les indicateurs clés résument la situation actuelle :

– 36 % de connectivité;
– 20 % d’accès au haut débit;
– 34 % d’adoption du mobile money.

Le diagnostic est clair :
la RDC a franchi la première étape de l’accès, mais pas encore celle de la transformation économique du numérique.

La réussite de la réforme fiscale dépendra donc d’un facteur central : aligner la pression fiscale avec le niveau réel de maturité du marché.

Flory MUSISWA

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